Le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, annonce la mise sur pieds d’un comité technique au sein de son ministère pour le suivi des recommandations proposées par le National Economic & Social Council (NESC) dans ses différents rapports. Le conseil a en effet sollicité l’aide du ministère concernant des questions relatives au monde du travail, à l’instar du chomâge chez les jeunes ou encore de l’emploi des personnes handicapées.
Le NESC publie régulièrement des études sur plusieurs enjeux socio-économiques qui se posent à Maurice, comme récemment sur la sécurité alimentaire ou l’alcoolisme, dans lesquelles il émet des recommandations. Le dernier en date est un “opinon paper” sur la réforme électorale. Mais force est de constater que ces recommandations tombent souvent aux oubliettes et sont mises dans un tiroir après leur publication. Le Conseil, présidé par Radhakrishna Sadien, a sollicité l’aide du ministère du Travail concernant des questions ayant trait à l’emploi. « Nous ne voulons pas que les recommandations faites dans ces divers rapports finissent au fond d’un tiroir », explique Radhakrishna Sadien, qui accueille favorablement l’annonce du ministre pour la création d’un comité technique. « Il faut un suivi de ces mesures », souligne le président du NESC, qui insiste sur l’indépendance du conseil. Le NESC a, en effet, rédigé respectivement en juin et octobre 2013, un rapport intitulé “Employment of Persons with Disabilities” et “Youth unemployement ; Improving employment Prospects”.
Parmi les points soulevés dans le rapport “Youth unemployement ; Improving employment Prospects”, Radhakrishna Sadien a fait mention du manque de “career guidance”, du “mismatch” entre la formation et le monde du travail, des contradictions dans les chiffres publiés par diverses instances, du manque d’informations concenant les débouchés ou encore du « flou » concernant les instances où les jeunes peuvent se rendre concernant l’emploi. Répondant aux remarques du président du NESC, le ministre Mohamed a concédé l’absence d’un “one-stop-shop” où les jeunes peuvent obtenir des renseignements. « Les jeunes ne savent plus à quelle porte frapper, il y a une confusion dans leur tête. D’un coté il y a le ministère des Finances avec le Youth Employement Programme, la National Empowerment Foundation, le Human Resource Development Council et le ministère du Travail. Ces quatre agences font le même boulot », a-t-il déclaré. Ce qui, fait remarquer le ministre, représente une duplication des ressources financières et humaines ainsi qu’un gaspillage de temps. Le ministre du Travail préconise donc la mise sur pieds d’un “one-stop-shop” afin que le demandeur d’emploi, dit-il, puisse se retrouver. Shakeel Mohamed devait également reconnaître que certaines institution tertiaires et de formation « doivent être rappelées » régulièrement que leurs cours proposés ne correspondent pas aux besoins réels du marché du travail.
Autre sujet étudié par le NESC dans son étude intitulée “Employment of Persons with Disabilities” : l’employabilité des personnes handicapées. Le ministère du Travail, annonce Shakeel Mohamed, lancera bientôt un projet sur la formation des handicapées afin de les rendre employables. « La contribution du NESC sera importante durant cette étape », fait-il comprendre. À noter que la nouvelle version du site internet du ministère du Travail, qui sera lancé en juin, aura un espace dédié à l’enregistrement des personnes handicapées sans emploi.
Le comité technique qui sera institué au niveau du ministère du Travail sera chargé d’étudier le contenu des différents rapports du NESC en prenant en considération les remarques pertinentes faites dans ces documents et d’établir une méthodologie pour l’implémentation de ces recommandations.