Le vice-Premier ministre et ministre des Finances présidait hier matin le neuvième sommet du National Economic and Social Council au Domaine-Les-Pailles. Dans son discours d’ouverture, Xavier-Luc Duval a souligné l’impératif de « mieux disséminer l’information autour du social ».
C’est en représentant le Premier ministre Navin Ramgoolam et en tant qu’ancien ministre de l’Intégration sociale que Xavier-Luc Duval présidait le sommet annuel du National Economic and Social Council (NESC). L’événement a débuté à 9 h 30 pour se terminer aux alentours de 14 h 30. Ont également pris la parole Marc Hein, président du NESC et Suren Dayal, ministre de l’Intégration sociale en exercice.
Dans son intervention, Xavier-Luc Duval déplore le manque de visibilité du « combat contre la pauvreté ». Selon le numéro trois du gouvernement, il est « impératif » que les corps para-étatiques, tel le NESC, luttent pour « une meilleure dissémination de l’information ». « Il faut que le public soit au courant de ce qui se fait, a-t-il martelé, « et que les moins aisés puissent se rendre compte des recours qui leur sont proposés. »
Pour illustrer la pertinence du « déficit en information », l’ancien ministre de l’Intégration sociale a ajouté : « 20 ans que je suis parlementaire et ce n’est que relativement récemment que j’ai pris connaissance de l’existence du NESC… » Le président du NESC, l’avocat Marc Hein, abonde dans le même sens. « Certaines améliorations ont été amenées à notre stratégie de communication, a-t-il avancé, par exemple, le site internet du NESC a été remanié et même traduit en français. » Mais de préciser toutefois que le « chemin reste long ».
Certains de ceux présents au sommet se sont par ailleurs plaints de l’aspect « plutôt brouillon » d’une « pseudo maîtrise des outils de communication ». Illustration à l’ouverture même. Un clip vidéo est projeté. 8 minutes de misérabilisme cinématographique : des mineurs sont affichés, sans gel d’image, le choix de la bande son n’est pas notamment adapté au sujet. À certains invités de commenter sur la « pauvreté du traitement de l’image, même si l’on doit reconnaître la bonne volonté des organisateurs ».
 Le NESC en 2012
Pour l’année prochaine, le NESC prévoit de travailler sur de nouveaux sujets qui touchent la société mauricienne. « Nous pensons dès janvier travailler sur le rapport de la Commission Justice et Vérité. D’autres sujets que nous avons identifiés pour 2012 sont la réforme électorale et le Best Loser System, l’avortement et les droits de la femme à Maurice mais aussi le communalisme », affirme Me Marc Hein. Et d’ajouter que le « caractère indépendant » du NESC leur permet d’adresser certaines questions qui « rendent souvent les hommes politiques hésitants ».
Le NESC a été par ailleurs reconstitué en 2002 après l’entrée en vigueur de la NESC Act 2001 à l’Assemblée nationale. L’objectif du NESC : encourager le consensus à travers le dialogue entre les partenaires sociaux, incluant la société civile. Ce conseil représente ainsi une plateforme de démocratie participative. Il comprend trois commissions composées de 8 à 12 membres et présidées par un commissaire élu. Ces commissions sont la commission sur les affaires économiques, la commission sur l’infrastructure, les ressources physiques, l’environnement et le développement durable et la commission sur les affaires sociales et le développement des ressources humaines.
Le conseil aura produit trois rapports pour 2011. « Conserver la ‘couverture Verte’ de l’île Maurice » avait pour but de faire un état des lieux de la situation à Maurice, principalement en relation au développement et à l’environnement. « L’intégration sociale des groupes vulnérables stigmatisés » propose plusieurs points afin d’aider les toxicomanes, les prostitués, les ex-détenus et les autres groupes vulnérables. Finalement, le 13 décembre, la commission des affaires économiques a présenté un rapport intitulé « La gestion de l’endettement et les budgets familiaux pour de meilleures conditions de vie ».
Sont mises en lumière, les différentes mesures qui peuvent être prises autant par les individus que par les autorités pour éviter le surendettement et les fléaux sociaux qui en résultent. Parmi les propositions de la commission, on recense les micro-crédits, la promotion de l’épargne ou encore promouvoir une meilleure gestion des défauts de paiement.