Il est 21 heures, Emilie, Gregory, et Vishnu se préparent pour aller danser… La première se dit plutôt gothique. Le deuxième, plutôt « rap américain » et le troisième, classique. Mais alors que rien ne semble les rassembler, on pourra si l’on veut bien « tir lipou poul » repérer le dénominateur commun : l’accessoire religieux. Et le phénomène prend de l’ampleur. Décryptage.
Les vêtements habillent, recouvrent, réchauffent… La mode sublime, dit des choses, renvoie à une histoire, un vécu. L’anodin est mis de côté. Les tenues, plus que jamais, sont travaillées, twistées, aux ciseaux pour les classiques, et jusqu’au marteau-burin pour les plus audacieux. La mode sera pour l’un, l’occasion d’épouser les tendances de son temps. Et pour l’autre, l’occasion d’une rupture, un désir de prendre à contre-pied. L’anglais dirait : making a statement. Quoi mettre, oui ! Mais quoi dire de soi, aussi.
2007, défilé de Jean-Paul Gaultier. Des défilés, il en a déjà fait… On peut lire sur le site http://toutelaculture.com : « Parfum de scandale. Une expression sur toutes les lèvres à la sortie de ce défilé en 2007. Jean-Paul Gaultier y présente une collection Haute Couture qui restera mythique, inspirée par son enfance. Les fidèles de Jean Paul Gaultier ne s’attendaient certainement pas à une telle expérience religieuse, mais c’est ce qu’ils ont obtenu, bouffée d’encens comprise… » Jean-Paul Gaultier traite la religion de son enfance, certes dans “l’esprit Gaultier” – « humour ravageur : robes de nonnes lacées dans le dos, robes de dentelles ultra-moulantes » – et démontre sa fascination pour une iconographie chère à la construction de sa personne. C’est de l’art, dira-t-on. Et on ne pourra que très difficilement contester cela.