Navin Ramgoolam est rentré au pays ce matin après avoir rencontré hier le nouveau Premier ministre indien, Narendra Modi. De cette rencontre, il ressort que Maurice et l’Inde s’engagent désormais dans un nouveau partenariat qui consolide les acquis de plusieurs décennies de coopérations, mais qui ouvre aussi de nouvelles perspectives économiques cadrant avec les nouvelles attentes de l’Inde, souligne un communiqué du bureau du Premier ministre.
Après le tête-à-tête avec son homologue indien à Hyderabad House, le Premier ministre mauricien a rencontré le président Pranab Mukherjee, au Rashtrapati Bhawan. Navin Ramgoolam a tenu une conférence de presse, qui a été largement couverte par les médias indiens.
Rencontrant la presse à New Delhi, le Premier ministre a ainsi défini les nouveaux chantiers de coopération économique entre les deux pays, dont de nouveaux arrangements concernant le traité de non-double imposition (DTAT). « Pour assurer l’avenir du secteur financier mauricien, il est nécessaire qu’il y ait de la ‘certainty’, de la stabilité, de la clarté et de la prédictibilité dans le dispositif mis en place », a dit le PM.
Navin Ramgoolam a expliqué que Maurice entend défendre sa réputation et celle de son secteur financier, qui se trouve sur la liste blanche de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce qui témoigne de sa crédibilité. « Maurice ne permettra pas à des entités d’abuser de sa juridiction », a-t-il dit. Sur ce chapitre, Navin Ramgoolam a annoncé que Maurice prendra des mesures pour accroître le contenu des compagnies voulant s’engager dans le secteur financier à Maurice. Ainsi, le gouvernement mauricien veillera au respect strict des trois critères bien définis que sont le “business purpose” de l’entité cherchant à s’enregistrer à Maurice, sa valeur commerciale et sa “substance” économique.
Toujours dans ce contexte de nouvelles mesures, le Bureau du Premier ministre de Maurice, de même que celui de l’Inde, vont chacun créer une cellule spéciale chargée de suivre systématiquement les échanges financiers entre nos deux pays. De plus, Maurice a décidé de transmettre automatiquement à l’Inde toutes les données sur les entités voulant s’enregistrer à Maurice et qui cherchent à investir en Inde, alors que jusqu’ici, ces informations étaient fournies sur demande seulement.
Le Premier ministre mauricien a dit aussi avoir proposé à l’Inde d’utiliser le secteur financier mauricien pour lever, à des conditions avantageuses, des fonds conséquents, notamment pour le financement de grands travaux d’infrastructures. Les échanges entre Navin Ramgoolam et Narendra Modi ont également été axés sur les opportunités qu’offre Maurice dans l’exploitation de l’économie océanique. Selon Navin Ramgoolam, la vaste étendue de la zone économique maritime de Maurice – estimée à 2,5 millions de km carrés – représente, en termes de dimension, les territoires combinés de la Grande-Bretagne, le France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Ce qui présente de vastes possibilités d’exploitation économique en termes d’hydrocarbures, de nodules et de dérivés pharmaceutiques. La sécurité au niveau de la zone économique maritime de Maurice a aussi été discutée lors de la rencontre avec le Premier ministre indien.
Une des premières décisions du nouveau gouvernement indien, sous la direction de Narendra Modi, a été hier la création d’une “Special Investigation Team » (SIT) sur « l’argent noir placé à l’étranger ». L’équipe sera dirigée par l’ancien juge de la Cour suprême, M.B. Shah. « It is a matter of great satisfaction that we have constituted a SIT to bring back black money as per Supreme Court orders », a déclaré le ministre des Télécommunications Ravi Shankar Prasad Said.