Le candidat de Maurice aux fonctions de secrétaire général de la Francophonie, Jean-Claude de L’Estrac, qui se trouve actuellement à New York en vue de participer à la 16e réunion plénière du Groupe de contact sur la piraterie, s’est adressé ce matin (heure de Maurice) aux ambassadeurs des pays membres de la Francophonie accrédités auprès de l’Onu. Pour lui, la Francophonie peut apporter beaucoup à la paix et à la sécurité « parce qu’elle est un canal naturel de dialogue et d’échanges pour les pays ayant le français en partage ».
Jean-Claude de L’Estrac a présenté la Francophonie comme un projet d’avenir. « Elle n’est pas seulement un héritage du passé. Elle me paraît surtout utile à l’avenir de notre jeunesse et à notre avenir collectif. » Dans son intervention, il a expliqué que la Francophonie a fait du respect des identités et de la diversité culturelle une de ses préoccupations majeures. « Le respect des différences, dans ses multiples formes, est une des questions essentielles de notre temps. Partout dans le monde, sous toutes les latitudes, dans toutes les aires linguistiques, que l’on soit Africains, Européens ou Asiatiques, lorsque les identités ne sont pas respectées, elles deviennent meurtrières. C’est pourquoi l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a fait de la cohabitation tranquille des identités son combat primordial. C’est une mission qui nécessite courage politique et savoir-faire diplomatique », a encore dit Jean-Claude de L’Estrac.
Le candidat mauricien a, de plus, insisté sur le fait que de toutes les organisations internationales de coopération, la Francophonie tire sa spécificité de la primauté qu’elle accorde à l’action culturelle. « Elle en fait la matrice qui détermine le politique et organise l’économie. Et, de ce fait, elle se caractérise par son humanisme, son idéal de démocratie, son attachement exigeant aux droits de l’homme. Aucun développement ne peut être durable tant que des hommes et des femmes seront menacés, tant que la liberté et la justice leur seront déniées, tant que l’accès à l’eau, à la santé et à l’éducation restera un voeu pieux, peu importe la langue qu’ils parlent », a-t-il soutenu. Il estime qu’aujourd’hui, au-delà de la langue commune, c’est la question des identités, du nécessaire respect de la diversité culturelle, du développement durable et de la justice économique qui doit nous mobiliser. « C’est un enjeu de paix ou de guerre », soutient-il.
Jean-Claude de L’Estrac doit s’adresser cet après-midi aux participants de la 16e réunion plénière du Groupe de contact sur la piraterie. Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, M. Feltman, et la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, participeront à cette rencontre. A l’issue de cette rencontre, il s’envolera à destination de Montréal et d’Otawa, au Canada.