La ministre de la Sécurité sociale est intervenue jeudi à la séance plénière de la 4e session des États parties de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, au siège de l’ONU, à New York. Sheila Bappoo a réitéré l’engagement de Maurice de poursuivre les objectif de la convention.
« Il s’agit de la poursuite depuis 2005 d’une politique ambitieuse à l’échelle nationale visant, d’après les termes de la Convention, à créer de l’emploi pour les personnes handicapées, à augmenter substantiellement les aides sociales à leur égard, à réduire les inégalités, à garantir les droits fondamentaux des handicapés et à leur faciliter l’accès à l’information, à l’éducation, aux sports et aux loisirs », a expliqué la ministre Bappoo devant 500 délégués venus des 103 pays ayant ratifié la Convention, et 78 membres d’organisations non-gouvernementales. La session, dont le thème cette année est « Favoriser le développement, réaliser les droits des personnes handicapées », a pris fin vendredi.
Sheila Bappoo a ensuite énuméré les initiatives prises par le gouvernement mauricien depuis juillet 2005 (bien avant que la Convention ne soit adoptée par la voie de la résolution 61/106 par l’Assemblée générale des Nations Unies le 13 décembre 2006) pour faciliter cette intégration des personne handicapées (voir encadré).
La ministre a rendu un vibrant hommage aux Nations Unies pour sa démarche de faire adopter cette Convention qui, selon elle, « a provoqué une révolution qui rappelle celles qui ont marqué l’histoire de l’humanité ». Elle a rappelé que Maurice a appliqué les dispositions de la Convention et que, dès le début, le pays a été partie prenante dans les divers comités de rédaction à l’élaboration de ce document historique des Nations Unies. « Tout cela a eu pour effet que, depuis 2006, une nouvelle conscience s’est élevée en faveur d’une communauté qui a été victime pendant trop longtemps d’une conspiration du silence et de discrimination », a-t-elle avancé.
On retient aussi de l’intervention de Sheila Bappoo quelques exemples illustrant les mesures prises depuis 2006. Ainsi, sur le plan des droits humains, elle a fait remarquer que bien que la Constitution de Maurice garantit les droits fondamentaux et la liberté de ses citoyens, incluant ceux des handicapés, plusieurs autres initiatives méritent d’être soulignées, telles que l’édition d’une loi sur l’égalité des chances qui met davantage les handicapés à l’abri des discriminations, les amendements à d’autres lois fondées sur les droits légitimes à l’emploi, à la formation et à l’accessibilité aux urnes.
Sur le plan de l’éducation, la ministre s’est appesantie sur la politique du gouvernement pour l’éducation inclusive. À cet effet, des amendements ont été apportés à l’Education Act afin de rendre obligatoire l’éducation à tous les enfants jusqu’à 16 ans, a-t-elle expliqué. De même, des directives (« Guidelines ») sur les programmes d’études ont été mises au point spécialement pour les enfants souffrant d’un handicap, alors que des structures ont été mises en place pour faciliter leur accès à des institutions primaires, secondaires et tertiaires.
La ministre Bappoo a ajouté que Maurice a fait de réels efforts pour assurer le placement des handicapés, pour assurer des visites médicales régulières à domicile pour les enfants handicapés et leur accès aux loisirs et aux sports.
Pour promouvoir davantage l’intégration des personnes handicapées, le gouvernement, a aussi souligné Mme Bappoo, compte introduire des autobus spéciaux offrant un accès facilité aux handicapés moteurs, ainsi que la révision de toutes les législations qui pourraient être de nature discriminatoire à l’encontre des handicapés.
Sheila Bappoo a enfin plaidé en faveur des pays d’Afrique subsaharienne qui pourraient rencontrer des difficultés pour mettre en oeuvre des dispositions de la Convention onusienne. « Les objectifs de la Convention ne seront atteints qu’avec l’engagement et le soutien de la communauté internationale », a-t-elle conclu.
La ministre était accompagnée de son chef de cabinet, M. Rajeshwar Duva-Pentiah, et du représentant permanent de Maurice aux Nations Unies, Milan Meetarbhan.