Maurice a été citée dans une controverse, avec des ramifications internationales, au sujet des trafiquants d’armes russes lorgnant l’aéroport international de Plaisance comme base pour un trafic d’armes dans la monde. Cette affaire est rapportée dans l’édition du jour du New York Times, reprenant les détails d’une enquête étalée sur six semaines d’un groupe de chercheurs international, Conflict Awareness Project, dont la Lead Investigator est Kathi Lynn Austin.
Le cerveau derrière ce réseau de ventes illégales d’armes ne serait autre qu’un marchand d’armes russe, Viktor Bout, qui purge actuellement une peine de 25 ans de prison à New York pour des délits de trafic d’armes vers la Colombie. Maurice, anticipant probablement ces problèmes, a toutefois rejeté une demande officielle de ce groupe pour opérer une compagnie aérienne, l’Island Air Systems, à partir du pays.
Les responsables de Conflict Awareness Project se félicitent de cette décision de ne pas autoriser les opérations de ces trafiquants d’armes russes à partir de Maurice en violation des sanctions imposées par les Nations unies contre la livraison d’armes à la République démocratique du Congo, à l’Iran et au Soudan. Dans les documents en possession du groupe de chercheurs international se trouve une correspondance émanant de l’ambassade de Maurice à New York au sujet des agissements de la bande à Viktor Bout, dont un des partenaires, Andrei Kosolapov, ne serait pas un inconnu des autorités locales. L’article du New York Times est intitulé « Mauritius bars ex-associates of arms dealer ».
Dans la lettre officielle, le représentant permanent mauricien auprès des Nations unies confirme que la demande d’Island Air Services pour opérer des dessertes aériennes à partir de Maurice a été formellement rejetée par le gouvernement ce mois-ci. « The air operation certificate would have enabled the firm to bypass United Nations weapons embargoes and move weapons through Iran, Sudan and the Democratic Republic of Congo », avance Andrew Roth, le journaliste du New York Times.
L’ambassade de Maurice à New York souligne avec force que « the Mauritius has denied Island Air Systems’ application for a certificate in July and that Mauritius will not allow its territory or its institutions to be used for illicit purposes. A continuing internal investigation has not proved that Air Island Systems would use the certificate to move weapons ». À ce stade, les informations disponibles avancent que plusieurs compagnies et individus résidant dans divers pays, dont les États-Unis, la Finlande, l’Australie et l’Afrique du Sud, sont engagés à différents niveaux au sein d’Island Air Systems, notamment avec des montages financiers, des contrats de location d’avions ou encore la mise en place des membres du personnel navigant.
L’un des partenaires principaux au sein d’Island Air Systems, un ressortissant russe, Andrei Kosolapov, confirme les démarches de cette compagnie à Maurice pour obtenir un certificat à des fins d’opérations des avions à partir de Maurice. Il soutient que l’objectif était d’organiser des charter flights à partir de l’île. « Everything that I have done has been correct and perfectly legal », devait-il répondre au New York Times après les allégations de trafic d’armes « avec la bénédiction alléguée des autorités russes ».
À Maurice, le dénommé Andrei Kosolapov est inconnu des autorités. En effet, il aurait consigné une déposition pour des délits de swindling et de forgery contre un de ses partenaires au sein d’Island Air Systems. Les informations qu’a recueillies Le Mauricien de sources bien renseignées confirment le démarrage d’une enquête sur ces deux délits allégués par des limiers de la CID du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Police Post.
Les seuls autres détails disponibles sur l’Island Air Systems sont que la déposition a été consignée récemment et que l’enquête est en cours, et ce sans aucune autre confirmation quant au montant des fonds détournés ou le délit de faux et usage de faux.