Alors que les doléances ne cessent de pleuvoir concernant les appartements de la National Housing Development Company Ltd (NHDC) et que le nouveau directeur Bashir Khodabux annonce « une nouvelle ère » dans la façon dont ils sont gérés, Le Mauricien a rencontré les habitants de ces appartements en vue de connaître les problèmes qu’ils rencontrent dans leur quotidien. Si les problèmes sont nombreux, certains reconnaissent que de nombreux habitants n’assument pas leurs responsabilités.
Certains appartements de la NHDC se trouvent dans un état de délabrement extrême. Si ces bâtiments construits dans les années 1990 faisaient partie d’un « programme national de logements sociaux, avec une considération particulière pour les demandes venant des classes les plus défavorisées de la société mauricienne », dans certaines régions ils se trouvent en état de ruine. Ainsi, à Forest-Side et Camp-Levieux, le constat est similaire : fissures, problèmes d’étanchéité, présence de pigeons, murs en piteux état… longue est la liste des doléances des habitants.
Si au début, si certains croyaient trouver dans les appartements un havre de paix et de sécurité, beaucoup d’habitants aujourd’hui ont déchanté. Le manque d’espace, les problèmes de voisinage et l’absence de syndic accentuent les manquements flagrants au niveau de l’infrastructure.
Si Mireille, 40 ans, une habitante de la NHDC de Forest-Side, dit avoir des relations fraternelles avec ses voisins, il en est tout autrement pour Pratimah, 51 ans. Devant sa maison au bloc D, son voisin a placé une vieille machine à laver qu’il n’utilise plus. Au rez-de-chaussée, des coups de marteau résonnent. Cyril, mécanicien de profession, répare des voitures. Son parking est devenu son lieu de travail. S’il concède qu’il ne devrait par procéder ainsi, il réplique que « bann la plaigne me bizin travay ». Une attitude qui est celle de divers habitants, qui laissent entendre qu’ils poursuivront leurs activités même si certaines semblent illégales. C’est ainsi que des petites échoppes, des ateliers de travail, des structures en béton, des garages improvisés ont vu le jour, menaçant la tranquillité des voisins. « Se sirtou akoz na pena personn pou rapel zot a lord », avance Mireille. Et de pointer du doigt l’absence de syndics, qui depuis ces cinq dernières années ne fonctionnent plus.