Les appartements de la National Housing Development Company (NHDC) font partie du paysage mauricien depuis plus de vingt ans. Avec 12,089 unités dans plus de 70 régions, ce projet a engendré une nouvelle manière de s’organiser et de vivre en communauté pour des milliers de familles. Une vraie aubaine pour les uns. Les autres se plaignent des problèmes qui affectent certaines constructions ou de l’environnement social. Dans l’ensemble, l’expérience est concluante et la demande est toujours présente. La NHDC annonce 1,350 nouvelles unités, qui seront livrées d’ici juin 2015.
Vers la fin de 1989, au lancement du projet, 40,000 familles de la classe moyenne désespéraient de trouver un logement. Construits dans plusieurs parties du pays à des périodes différentes, les appartements de la NHDC ont permis de répondre à l’un des besoins de base de 12,089 familles. Des acquisitions faites pour le meilleur et, dans certains cas, pour le pire.
Plusieurs résidents d’appartements de la NHDC que nous avons rencontrés dans le cadre de ce reportage avouent avoir vite déchanté. Depuis 21 ans, Arthee vit dans une de ces unités, située à Camp Levieux. “On doit faire face à trop de problèmes. J’habite au dernier étage, et chaque fois que nous utilisons la salle de bains, l’eau suinte chez les voisins du bas. Nous n’avons pas suffisamment de pression d’eau. La NHDC a entrepris des travaux mais n’a jamais prévu des pompes pour alimenter comme il se doit ceux qui vivent à l’étage.” Plaintes et doléances ne changent rien à leur vie. “J’ai beaucoup donné de ma personne, et cela n’a pas fait bouger les choses. On nous demande de voir le syndic, et le syndic nous dit de contacter la NHDC. Les réparations sont mal faites et les problèmes perdurent. Je suis déçue. Je pensais vraiment être heureuse ici.”
Le tableau n’est pourtant pas toujours sombre. Autre son de cloche pour Farzanah, une habitante de la même région. “Je suis contente d’avoir ma maison. Je m’y sens bien avec mon mari et ma fille. Cela va faire huit ans que nous sommes là et je peux dire que la cohabitation se passe bien. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur. Depuis quelque temps, les alentours font face à des problèmes liés à l’alcool, la drogue et la prostitution. Cela commence à ternir notre image. Je ne peux envisager de quitter cet appartement car j’y ai investi mes économies et les dettes sont loin d’être remboursées. J’espère que les responsables de la NHDC consulteront les autorités et les forces policières afin de ramener de l’ordre ici. Sinon, ça risque de devenir un ghetto.”