Les négociations prolongées de l’accord de non-double imposition ne sont ni l’avantage de Maurice ni celui de l’Inde, a soutenu hier le directeur exécutif de Global Finance Mauritius (GFM), Nikhil Treebhoohun, lors de la cérémonie de lancement du magazine et du site web de l’association regroupant des opérateurs engagés dans le global finance à Maurice. Le délai dans la conclusion des négociations entretient les incertitudes et peut causer des dommages collatéraux immenses, a-t-il soutenu. Le magazine devait être lancé par le VPM et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, mais ce dernier n’a pu faire le déplacement en raison de ses engagements.
Le directeur exécutif de GFM a souhaité que les négociations indo-mauriciennes débouchent sur une solution le plus vite possible. « Il y a eu deux cycles de négociations depuis février 2012 et contrairement aux déclarations répétées du ministre indien des Finances, Maurice a fait des propositions à l’Inde aussi bien sur les échanges d’informations et sur l’inclusion de la limitation of benefits clause dans l’accord », a déclaré Nikhil Treebhoohun. Il a observé que les signaux envoyés par le marché indiquent que la confiance des investisseurs n’a pas encore été rétablie dans l’économie indienne après les tentatives d’introduire le GAAR avec effet rétroactif l’année dernière. Le taux de la roupie indienne continue de déprécier et est passé de 50 roupies indiennes le dollar à 65 roupies indiennes le dollar. Nikhil Treebhoohun a observé qu’alors que l’Inde passait par une situation économique traumatisante en 1990, le traité de non double imposition a aidé à relancer son économie en pourvoyant une voie respectée aux investisseurs institutionnels pour obtenir les fonds dont ils avaient besoins.
Le directeur du GFM observe que des progrès ont été enregistrés dans les négociations entre nos deux pays. « We understand better the concerns of India about the treaty abuse and round trippin. But for us it is clear that there are some key articles that give substance to the treaty. If these are tweaked, the questions about the relevance of the treaty itself may be asked », observe Nikhil Treebhoohun. Il a rappelé que le GFM a recruté une agence de communication pour traiter avec la presse indienne. Avec l’aide du BOI et du FSC, la position mauricienne a pu être communiquée à la presse indienne. À partir de février de cette année, le BOI a pris le relai en termes de communication en Inde et le GFM apportera son soutien.
Le directeur exécutif de GFM a aussi évoqué la stratégie mauricienne en vue d’une plus grande intervention en Afrique. Depuis septembre dernier, le Mozambique, la Zambie, le Malawi, les Seychelles et Maurice travaillent conjointement en ce sens. Des dispositions ont été prises afin d’élaborer un MOU sur le mouvement des hommes d’affaires entre ces pays. Le Commonwealth secretariat a été approché pour le financement d’une étude sur les exportations des services financiers en Afrique. De son côté, le gouvernement a sollicité l’aide du Commonwealth Secretariat en vue de développer une stratégie africaine. Les deux seront faites conjointement. Une première session de travail a eu lieu la semaine dernière avec les consultants. Les autorités mauriciennes s’attendent à avoir une meilleure indication au sujet de la demande concernant des produits spécifiques dans différents pays africains.
Le GFM se réjouit par ailleurs de la réactivation du Financial Services Consultative Council sous la présidence du VPM et ministre des Finances. « Cela peut être un canal très utile pour la communication entre le gouvernement et l’industrie des services financiers.