Comment un système compétitif peut-il mener à l’épanouissement de l’enfant ? C’est la question que se pose Lalit après avoir étudié le projet Nine-Year Basic Continuous Education. Le mouvement se dit étonné que l’organigramme de la réforme mène vers le « labour market » et estime que l’éducation se résume à intégrer le marché du travail. Lalit regrette également qu’aucune mention ne soit faite de la langue maternelle.
« Le plan de réforme ne vise pas à améliorer la qualité de l’éducation, ni n’encourage la réflexion, la créativité et l’innovation. Qui plus est, le contenu n’encourage pas le multilinguisme de haut niveau. Les enfants continueront à apprendre des content subjects dans une langue étrangère. Aucune mention n’est faite de la langue maternelle ». C’est ainsi que la commission éducation de Lalit analyse le plan de réforme présenté par Leela Devi Dookun-Luchoomun.
Alors que la ministre a annoncé des consultations publiques pour bientôt, le parti estime qu’il est important de faire ressortir certaines contradictions. « D’une part, la ministre maintient que l’épanouissement de l’enfant est au coeur de la réforme et d’autre part, on voit que la compétition est toujours présente avec les examens à différents niveaux. C’est une contradiction », souligne Alain Ah-Vee, le porte-parole.
Ce dernier relève également que l’organigramme de la réforme mène vers le « labour market ». Pour lui, il est clair que les enfants seront formés pour intégrer le marché du travail et « cela n’a rien d’épanouissant ». Lalit estime que Leela Devi Dookun-Luchoomun a « manqué d’audace » comme ses prédécesseurs, pour apporter une vraie réforme.
De même, ajoute Alain Ah-Vee, il ne suffit pas de s’assurer que les enfants restent pendant au moins neuf ans à l’école, mais il faut que le contenu soit également adapté. « Il faut savoir si ce qu’on va enseigner, la pédagogie qui sera appliquée et surtout, le médium d’enseignement sera accessible à tous ».
Lalit note également que le projet de réforme permettra de réduire le stress des enfants avec l’abolition du CPE et la course vers les « star schools ». Mais, ajoute-t-il, « il y aura tout de même toujours une dose de compétition, car il n’y a pas suffisamment de collèges d’État au niveau régional et tous les collèges privés ne sont pas du même niveau ».
Lalit trouve tout de même positif le fait d’accorder des bourses sur une base régionale. « Cela encouragera peut-être les parents à garder leurs enfants dans les collèges régionaux ». Cependant, le mouvement déplore le fait qu’aucune mesure n’est prévue pour « arrêter les torts subis par les enfants en supprimant leur langue maternelle ». Lalit rappelle avoir déposé le rapport du “hearing” organisé à ce sujet au bureau de la ministre de l’Éducation, quand elle a pris ses fonctions en décembre.