La formule de scolarité mixte dans les “Academies”, une des propositions phares du Nine-Year Schooling, fait débat dans divers milieux de l’éducation. L’Education Officers Union (EOU), syndicat des enseignants des collèges d’État, qui n’est pas contre la mixité, exprime des réserves quant au fait de faire cohabiter garçons et filles venant de différents établissements alors qu’ils seront à mi-chemin du parcours secondaire et à une étape de la transition enfance-adolescence-adulte. « Co-education should continue from primary to secondary, that is as from Grade 7 onwards in Regional Secondary Schools and Academies », écrit ce syndicat dans un document envoyé aujourd’hui au ministère de l’Éducation, dans lequel il livre ses propositions sur plusieurs aspects pour la mise en pratique du Nine-Year Schooling.
Dans l’ensemble ce syndicat adopte un ton positif pour la réforme en espérant ardemment que les changements proposés tendent vers l’amélioration du système éducatif et bénéficient à tous les enfants mauriciens indistinctement. Les réflexions du syndicat dans le document soumis aujourd’hui au ministère portent sur cinq points qu’ils considèrent essentiels dans la mise en oeuvre du Nine-year Schooling.
Dans le projet du gouvernement les « Academies will be co-educational institutions ». Sur cette question la Education Officers Union a des réserves. « Our union finds with great concern that co-education in secondary schools will start as from Grade 10 in Academies and this may lead to numerous management problems », dit le syndicat en ne manquant pas de souligner que les jeunes se trouvent à l’étape cruciale de l’adolescence. Le syndicat est d’opinion que la cohabitation garçons-filles à l’école doit être continuelle dès l’entrée au primaire et fait trois propositions comme suit : 1) « Co-education should continue from primary to secondary that is as from Grade 7 onwards in Regional Secondary Schools and Academies. The cohabitation will be continuous from primary to secondary » ; 2) « All Regional Secondary Schools be co-educational while Academies be separated into boys and girls » ; 3) « Schools be separated as at present ».
Pour que l’enseignement se déroule dans des meilleures conditions et soit à la satisfaction tant de l’apprenant que du prof, le syndicat demande une réduction du nombre d’élèves par classe. Le nombre idéal, pour l’Education Officers Union, serait un maximum de 30 pour les Grades 7-9 ; de 25 pour les Grades 10-11 et de 20 pour les Grades 12-13. Dans le cas où le nombre dépasse ce quantum, le syndicat suggère l’appui d’un Teacher Assistant en classe. Mais un tel poste n’existe pas pour l’heure et le syndicat demande au ministère de l’introduire si on veut avoir un « conducive Teaching and Learning environment ».
Toujours par rapport à l’enseignement, le syndicat des profs de l’État souhaite la mise sur pied d’un pool of supply teachers pour assurer les remplacements en cas d’absences du personnel, évitant ainsi le transfert d’enseignants d’une école à l’autre au pied levé. Cette formule, dit le syndicat, ne perturbera pas l’organisation de la journée scolaire. « This is common practice internationaly », affirme-t-il.
S’agissant des filières d’études qui seront offertes dans les Academies et qui figurent dans le document du ministère, l’Education Officers Union se prononce pour une révision des matières après qu’un « thorough Subject Need Analysis » eut été entrepris. Le syndicat fait remarquer que la matière intitulée Communication & Design Technology ne figure dans aucune des filières mentionnées par le ministère. « Does that mean that it will not be taught in Academies ? » s’interroge ce syndicat.
En dernier lieu, le syndicat trouve que le vocable « Grade » choisi par le ministère pour désigner dans l’avenir les différentes années de scolarité au lieu de l’emploi de « Std » (primaire) et de « Form » (collège) n’est pas approprié en faisant remarquer que ce terme est couramment utilisé dans différents secteurs d’activité, notamment dans la fonction publique pour désigner le statut des différentes catégories d’officiers. « The term Grade is often associated with qualification, position/promotion or even experience », dit le syndicat. Cette instance syndicale fait deux suggestions pour remplacer le mot « Grade », soit l’utilisation de « Year » et à titre d’exemple, « Yr I » pour la première année au primaire et graduellement pour atteindre le niveau « Year 13 », qui est la dernière année au secondaire ; ou bien le « Ps for Primary Education (P1 – P6) and Ss for Secondary Education (S1 – S7) ». Ainsi, si un enfant par exemple est en deuxième année du primaire on dira qu’il est en « P2 » et si un autre est en troisième année du secondaire on dira qu’il est en « S3 ».