«Oui pour le principe mais toutes les modalités d’application du projet doivent être précisées.» C’est en substance le sentiment qu’exprime Gilberte Chung Kim Chung, directrice du Bureau de l’éducation catholique (BEC), au sujet du projet de Nine-Year Schooling. Mme Chung explique d’emblée que le BEC n’est pas contre le principe de l’adoption du 9-Year Schooling si le but ultime visé est d’en finir avec l’organisation des examens ultra-compétitifs du Certificate of Primary Education (CPE) tels qu’ils le sont dans leur forme actuelle et si c’est pour atténuer au maximum le stress imposé chaque année à de jeunes enfants de 11 ans. Elle souligne que lors des récentes Assises de l’éducation, les participants ont été appelés à comprendre que le CPE sera effectivement modifié sans aucun détail précis. «En l’absence de précisions quant aux modifications qui seront apportées au CPE, il nous est difficile de nous prononcer sur les mérites réels de ce projet de 9-Year Schooling», indique la directrice du BEC.
Gilberte Chung estime que les autorités doivent d’abord préciser les modalités d’application du projet. Elle cite en premier lieu l’infrastructure scolaire. Prenant en exemple les établissements primaires catholiques existants, la directrice du BEC affirme que ces écoles ne pourront, dans leurs structures actuelles, accommoder des élèves pour trois années additionnelles de scolarité. «Il nous faudrait pour cela des subventions pour d’autres aménagements infrastructurels», explique-t-elle.
Middle Schools et High Schools
Une possibilité, selon Mme Chung, pourrait être contemplée au niveau des collèges secondaires publics, confessionnels et privés existants. La directrice du BEC estime que ces établissements secondaires pourraient éventuellement être départagés, d’une part, en Middle Schools qui accueilleraient des étudiants pour les trois années d’études suivant les six premières années en primaire et, d’autre part, en High Schools pour le reste de la scolarité s’étendant jusqu’au Higher School Certificate (HSC). Mais préalablement à tout cela, la responsable de l’autorité éducative catholique explique qu’il faudra élaborer une nouvelle cartographie des zones éducatives.
Par rapport à la mixité au-delà des six premières années de scolarisation, Gilberte Chung n’y voit aucun problème. La directrice du BEC souligne à ce propos que tous les nouveaux établissements secondaires catholiques qui ont vu le jour ces dernières années, à savoir le collège à scolarité payante Sainte Marie de Palma, Quatre-Bornes, de même que les établissements secondaires catholiques subventionnés que sont Lorette de Bambous-Virieux, Saint Mary’s West de Petite-Rivière, Saint Esprit de Rivière-Noire ainsi que BPS Fatima de Goodlands, accueillent à la fois des garçons et des filles. «Cette mixité se passe très bien et nous n’avons pas eu de gros problèmes à déplorer», précise-t-elle.
Mais au-delà de ces questions, elle insiste sur le fait que tout reste à être éclairci. Il y a, dit-elle, par exemple, la question du départage des enseignants entre ceux qui auront la charge de former les élèves pour les trois années de scolarité suivant les six premières années d’études et ceux qui seront affectés à l’enseignement dans les classes supérieures. Puis encore la nécessité de la reformulation des programmes d’études pour chacun des trois cycles de formation avec, explique Mme Chung, l’utilité d’élaguer au maximum le programme d’études surchargé des six premières années de scolarisation.
Même si elle aurait souhaité, comme l’a indiqué le ministre de l’Éducation, que ce projet de 9-Year Schooling soit introduit dès 2015. «La mise en chantier de ce projet nécessitera, selon moi, une préparation d’au moins deux à trois ans. Pour l’appliquer dès 2015, ce sera une course contre la montre, même si, au BEC, nous aurions souhaité que cela soit possible», conclut la responsable de l’autorité éducative catholique.