Les propos flatteurs de la ministre de l’Education envers les collèges privés dans sa campagne de communication pour son projet de réforme contrastent avec le ton amer constaté au sein de ce secteur. En effet, bon nombre de propriétaires de ces établissements sont en colère envers le ministère qui, jusqu’ici, n’a prévu aucune rencontre avec l’ensemble des managers dans le calendrier des consultations avec les Stakeholders. Selon plusieurs d’entre eux, le tract en circulation au sujet de « l’avenir sombre » pour leurs établissements « est une indication du malaise » qui prévaut dans ce secteur.
« Il y a un gros malaise parce que nous avons été complètement ignorés. La ministre rencontre les enseignants, les parents et les recteurs, qui sont des employés, mais elle oublie de discuter avec les propriétaires des collèges. Nous n’obtenons des informations qu’à travers la presse alors que nous avons beaucoup d’interrogations sur ce projet de réforme. Nous avons appris qu’elle a rencontré les dirigeants de la Fédération des Managers depuis plusieurs mois, mais nous ignorons complètement le contenu de cette rencontre », dit un directeur de collège au Mauricien. Et ce dernier de souligner que plusieurs établissements ne font partie d’aucune des quatre associations affiliées à la Fédération des Managers des Collèges Privés. D’où l’importance, selon lui, pour le ministère d’avoir une réunion avec l’ensemble des managers. « La ministre, ces jours-ci, ne rate aucune occasion de parler de partenariat avec le privé. Mais elle ne juge pas utile d’écouter ce que nous avons à dire. Elle doit savoir que la fédération ne reflète pas l’opinion de tous les managers des collèges privés », dit avec agacement un manager qui n’en est pas membre.
Pour autant, même parmi des membres faisant partie de cette Fédération des Managers, on constate des grincements de dents, mécontentement dû à l’absence de communication. Certains membres reprochent ainsi aux dirigeants de cette instance de n’avoir pas convoqué une assemblée générale spéciale pour partager les informations reçues du ministère sur ce projet de réforme et pour entendre les réactions dans le secteur. « J’ignore complètement les activités de la fédération. La dernière rencontre avec les dirigeants date d’au moins deux ans. Il fallait convoquer une assemblée générale », soutient un des mécontents.
Selon Bashir Taleb, président de la Fédération des Managers, après cette rencontre avec la ministre – qui a eu lieu vers la fin du second trimestre –, chaque composante a rencontré ses membres respectifs pour les informer de la présentation générale du plan de “Nine-Year Schooling”. « On suppose que chaque association a rencontré ses membres pour leur faire part des grandes lignes de ce projet que la ministre nous a présenté. On s’attend maintenant à ce que la ministre nous appelle pour discuter des détails de la mise en pratique de ce plan. L’assemblée générale viendra lorsque nous aurons eu tous les détails », dit Bashir Taleb au Mauricien.
Par ailleurs, le tract qu’ont reçu depuis le début de cette semaine plusieurs directeurs de collèges privés est un sujet de conversation dans le secteur. « Son contenu reflète les préoccupations dans le secteur ainsi que le malaise qui règne », confient des managers. Selon ce tract, le projet de réforme viserait la fermeture de « ti kolez prive ». Les rédacteurs de ce tract accusent le ministère de pratiquer, à travers le “Nine-Year Schooling”, une politique de « devide and rule ». Le tract poursuit : « Karot pou enn kategori e fermtir pou lezot, ena hidden agenda pou elimin bann ti kolez. Nine-Year Schooling pa bien defini. So limpak pou negatif pou secondaire prive. Sak ane ‘intak’ pe diminie e avek Nine-Year Shooling li pou plis diminie ankor. » Le tract émet aussi de sévères critiques à l’égard du rôle et du fonctionnement de la PSSA.