À moins d’une année de l’entrée en vigueur du “Nine-Year Schooling”, la position du Bureau de l’éducation catholique (BEC) se fait plus claire s’agissant de la nouvelle structure du secondaire proposée dans ce plan de réforme, notamment des collèges de Form I à III et des “Academies” pour les Forms IV àVI. « Tous les collèges existants restent dans la structure de “General Education”, soit des classes de Form I à VI », a affirmé hier au Mauricien Gilberte Chung, directrice du BEC. Cependant, les “stakeholders” de l’éducation catholique constatent un « grand besoin » pour la formation technique menant à des professions et discutent de la manière dont cette filière d’études pourrait être mieux mise en valeur dans le cadre de la réforme.
À l’instar d’autres partenaires de l’éducation nationale, la direction du BEC attend elle aussi, dit-elle, des informations du ministère, concernant cette fois la mise en oeuvre de la réforme au primaire et au secondaire. « À travers les médias, nous avons appris que le ministère prépare un plan de communication concernant les détails de la réforme et nous sommes dans l’attente de ces informations », dit Gilberte Chung, la directrice de cet organisme. Rappelons que les premiers examens pour l’obtention du Primaty School Achievement Certificate (PSAC), en remplacement du CPE, auront lieu l’année prochaine. Les premiers candidats de la PSAC, qui sont en Std V cette année, de même que les profs du primaire n’ont pas encore pris connaissance du programme d’études de “Communications Skills”, nouvelle matière figurant aux examens de ce nouveau diplôme.
« Ki desizyon legliz pou pran ? Eski BEC pou kas so bann kolez ? ». Telles sont les deux questions le plus souvent entendues ces derniers mois parmi les parents, mais aussi dans les milieux du secondaire privé. Après discussions entre tous les “stakeholders” de l’éducation catholique sur la réforme, le BEC a décidé de rester dans la structure actuelle du secondaire pour ses 17 collèges dans le pays. L’option « Academy » a donné lieu à bien des débats forts intéressants, qui divergeaient selon certains participants à ces réunions. « Si nous sommes fortement invités à entrer dans la formule “Academy”, il faudrait que l’État nous donne des moyens pour créer un établissement. Mais nous ne changerons pas la configuration de nos collèges existants et nous continuerons à offrir l’éducation dans la philosophie de “mixed abilities” », explique la directrice du BEC.
Mais les décideurs de l’éducation catholique croient qu’il faut mettre l’accent davantage à l’avenir sur la filière technique. Il y a nécessité, selon eux, de former les jeunes Mauriciens pour des professions correspondant aux besoins de l’économie du pays. Ils notent qu’il y a un déficit dans le secondaire en général à ce niveau. « Dans certaines de nos écoles, il y a une préférence pour des orientations techniques à partir de la Form IV. Il y a une réflexion en cours sur la manière de renforcer et de revaloriser la filière technique dans nos collèges », poursuit Gilberte Chung au sujet de la préoccupation du secteur catholique par rapport à la formation technique.