Comment vivre ensemble à l’ère de la mondialisation, de l’ampleur du choc des cultures et des affrontements ethniques, religieux, etc. ? Par une attitude et une curiosité cosmopolites ? « Ethics in a world of strangers », une exposition des travaux de Nirveda Alleck et Eric van Hove, sous la tutelle de Richard Taittinger (Gallery) à New York, bâtie par le curateur, artiste et historien de l’art Ugochukwu-Smooth C. Nzewi, questionne les valeurs de fraternité, d’empathie et aborde le cosmopolitisme (dans son acceptation de doctrine politique incluant toute l’humanité dans une même unité politique afin de favoriser la paix universelle).
Nos deux artistes, voyageurs, vivront une expérience qui révèle modernité et contemporanéité artistiques dans une démarche transculturelle jusqu’au 15 juin 2017. Nirveda et Eric sont intéressés par les mécanismes qui regroupent les gens au sein d’une communauté. Leurs oeuvres dialoguent autour des mouvements migratoires à une époque où le partage des mêmes espaces urbains est problématique. « The ethical imperative of acknowledging the humanity of others is particularly pertinent in this climate of travel bans, restricted movements, and border control. Through their works, Alleck and van Hove offer a dialogue and a reflection on these uncertain times », écrit le théoricien Kwame AnthonyAppiah.
« Are you really supposed to abjure all local allegiances and partialities in the name of this vast abstraction, humanity ? » questionne le théoricien Kwame Anthony Appiah, dont le livre « Cosmopolitanism : Ethics in a World of Strangers » donne son titre à l’exposition qui se déroule à la Richard Taittinger Gallery, à New York. Signalons au passage que le voyage de Nirveda Alleck a été sponsorisé par la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA).  L`exposition en cours comprend des peintures choisies et vidéos de la série Continuum de Nirveda Alleck.
« My Continuum series of paintings (and video for Reunion Island) has been done methodically over the years, each adding more definition to the global village that i am trying to recreate through my work », déclare Nirveda Alleck, qui a voyagé au Sénégal, au Mali, aux États-Unis, au Liban — tous ces lieux où elle a photographié des gens sans préoccupation de leurs origines sociales ou ethniques. Elle reproduit les esquisses de son travail sur canevas à niveaux multiples ou va plus loin dans le style du rendu photoréalisme. « In Alleck’s Continuum, the individual body operates as part of a network of other bodies. Subjectivity in relation to space is an important aspect of Alleck’s picture making process. With human forms occupying parts of otherwise sparse surfaces, suggesting an unending loop of human connections across societies and national boundaries, Continuum also begs the question about Alleck’s position as a foreigner among local people… » (Ugochukwu-Smooth C. Nzewi).
Quant à Eric van Hove, il travaille depuis 2003 avec des artisans marocains dans son atelier de Marrakech. Van Hove trouve son inspiration dans les pièces de moteur d’origine. Il réalise des sculptures mécaniques, grandioses, qu’il nomme « social sculptures » dans chaque projet. Le moteur devient sa métaphore de l’humanité, de la notion d’interdépendance : « van Hove conceives of his work as a metaphor for human interdependence; one singular part needs the others to function and to form a whole just like the car engine. Overall, the objects offer incredible insight on utopia that stems from the commingling of cultures and the blurring of physical, mental, and conceptual boundaries… » (Ugochukwu-Smooth C. Nzewi).
Alleck et van Hove démontrent, dans leurs oeuvres, le désir de connecter et vivre ensemble en dehors des zones de confort. Les deux artistes développent une attitude et des valeurs cosmopolites : tolérance, compassion, l’acceptation des différences et la croyance dans le village global ou la grande famille humaine.