Après la remise en liberté de Jameel Peerally jeudi et celle de Nitin Chinien, hier, les deux principaux concernés étudient la possibilité de poursuivre la police et l’État. Me Erickson Mooneapillay, qui les représentent, dénonce avec force l’arrestation arbitraire de ses clients et la façon dont leurs droits constitutionnels et institutionnels ont été bafoués.
Commentant les deux affaires lors d’un point de presse du Comité de soutien Nitin Chinien/Peerally juste après que les procédures de la cour pour la remise en liberté de Nitin Chinien ont été complétées, Me Erickson Mooneapillay a dénoncé « la dérive totalitaire du gouvernement » et parle « d’érosion des libertés fondamentales des individus ». De l’avis de l’homme de loi, il n’est pas normal que des individus soient emprisonnés pendant un si long délai pour des délits d’opinion pareils. « C’est la liberté d’expression que l’on assassine », estime ce dernier. Il a tenu également à dénoncer le fait qu’une « section de la police agirait en gestapo ».
Nitin Chinien a retrouvé hier la liberté en début d’après-midi après comparution en Cour de district de Port-Louis. Après avoir payé une double caution de Rs 7 000 pour les deux charges qui avaient été retenues contre lui de breach of Information and Communication Technology (ICT) Act et signé une reconnaissance de dettes de Rs 25 000, c’est en homme libre qu’il s’est adressé à la presse. Parmi les autres conditions imposées par la magistrate Ida Dookhy-Ramburrun, celle de ne pas interférer avec les témoins et d’interpeller le Premier ministre directement ou à travers les réseaux sociaux.
Pour rappel, il était reproché à Nitin Chinien d’avoir fait circuler un clip sur YouTube dans lequel il aurait proféré certaines menaces à l’endroit du Premier ministre Navin Ramgoolam. Lors d’un point de presse la veille au centre social Marie Reine de la Paix, sa compagne Joëlle Malécaut, avait demandé avec force que Nitin Chinien soit libéré. Après le dénouement qui est intervenu hier, cette dernière montrait clairement des signes de soulagement et de joie en attendant la fin des procédures à la New Court House, en début d’après-midi.
Ce comité de soutien a vu le jour juste après l’arrestation de l’ancien animateur de la Mauritius Broadcasting Corporation (MCB) à l’initiative de Jameel Peerally, lui-même arrêté quelques jours plus tard et également inculpé de breach of ICT Act, également, par rapport à une vidéo postée sur Facebook. Intervenant à son tour à ce point de presse, Jameel Peerally devait évoquer son incarcération à Alcatraz, un passage enrichi par diverses rencontres en dépit des conditions difficiles de détention. Revenant sur les raisons qui l’ont motivé à présenter des excuses pour ses actes, le travailleur social a précisé qu’il les a formulées dans l’intérêt du pays et pour des raisons médicales. Son prochain combat, a-t-il indiqué, concernera les droits humains des détenus. Il devait par ailleurs lancer un appel « pour l’unification de la gauche ».