Presque 19 ans après la Fédération mauricienne de Judo et de Disciplines Associées s’offre la première place dans notre Hit Parade des Fédérations. Il faut effectivement remonter aussi loin qu’en 1995 pour voir le judo mauricien au mieux de son art et de sa forme, qui devançait l’Association mauricienne de Boxe Amateur (AMBA) d’une courte tête (7.5 pts contre 7 pts). Une position qu’elle n’a cependant pas su tenir durant les années qui ont suivi, puisque il aura fallu attendre 19 ans pour que cette fédération, qui a sa base dans un faubourg de la capitale, Grande Rivière Nord Ouest, tire enfin la tête du l’eau.
Mais encore, l’exercice n’a pas été de tout repos pour la FMJDA. Depuis 1995, hormis la 2e place du classement en 1998 (7pts), les années qui ont suivi n’ont été qu’une chute libre. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve dans le bas du classement, soit à la 12e place en 2005 pour 2.5 points. Il faut dire qu’à cette époque, la FMJDA était rongée par des conflits internes et même si aujourd’hui la situation a beaucoup évolué dans le bon sens, il n’est pas certain que le feu a cessé de couver sous les cendres à Grande Rivière Nord Ouest.Autant que nous sachions, une affaire nommée Prem Dokhee  est toujours d’actualité et la FMJDA tarde malheureusement à trouver des solutions.
2014 l’année du judo
Reste que 2014 c’est avant tout l’année du judo mauricien. Il faut remonter à un passé très lointain pour voir des judokas mauriciens grimper sur les podiums internationaux. Certes, il est vrai de dire que le podium africain continue d’échapper aux locaux depuis 1998, année durant laquelle Maurice avait réussi le coup double au Sénégal avec Jean-Claude Raphaël et Marie-Michèle St-Louis. Mais le quadricolor a beaucoup flotté sur le continent africain cette saison, y compris en Europe et en Asie. Les deux plus grosses réussites et qui a fait pencher la balance en faveur de la FMJDA sont les deux médailles remportées par Christianne Legentil dans deux Grands Prix, notamment à Astana au Kazakhstan où la championne de Maurice en moins 52 kg a remporté la médaille d’argent. Puis elle a confirmé avec une médaille de bronze lors du Grand Prix de Qundao en Chine.
Mais celle qui a été élue Week-End Sportif de l’Année est, à elle seule, la locomotive de ce sport actuellement. Faut dire que depuis le départ de Dolly Moothoo (-48 kg) du tatamis, maurice n’a pas pu s’imposer dans les poids léger en Afrique, comme dans l’océan Indien. Christianne Legentil est venue renverser cette tendance et cette année où qu’elle a été placée, la Rodriguaise de naissance a été exacte au rendez-vous…sauf aux Jeux du Commonwealth  où elle a passé à côté de la plaque.
Legentil, une locomotive
Outre ses deux médailles de Grand Prix, Christianne Legentil a permis à sa fédération de marquer des points, notamment avec une médaille d’argent lors des Championnats d’Afrique qui s’étaient déroulés à Maurice. Pour ensuite s’imposer sur ses terres à Rodrigues dans la toute première édition des Internationaux de Rodrigues en avril dernier. Sur elle seule repose une bonne partie des résultats de la FMJDA, comme par exemple la seule médaille mauricienne remportée dans l’Africa Judo Open Maurice. Elle est à mettre au compte la nouvelle locomotive du judo mauricien. Comme pour prouver ce qu’on avance, Christianne Legentil est désormais à la 15e place au classement mondial chez les moins de 52 kg et totalise plus de 800 points. Elle est du reste la No 1 du continent africain et se retrouve en bonne position pour gagner une place pour les JO de Rio.
Les trois critères qui sont pris en considération dans l’élaboration de ce classement  sont: les résultats, le calendrier et la gestion de la fédération. Il va sans dire qu’en terme de résultats la FMJDA a sorti le grand jeu cette année en réussissant même un tour de force lors des Jeux du Commonwealth avec une médaille de bronze avec l’attendue Annabelle Laprovidence. Sélectionnée à la toute dernière minute dans le Club Maurice, la judokate de Port-Louis a offert des points substantiels et déterminants face à la toute puissance de la Fédération mauricienne de Kick-Boxing.
Dans la foulée, il faut aussi ajouter la performance de Priscilla Morand, la judokate des moins de 48 kg qui s’entraîne principalement en Suisse ou encore les 5e place de Sarah Sylva et Céleste Vilbrun. Si vous remarquez que ce sont les judokas féminins qui tiennent la dragée haute durant la saison 2014, par contre en masculin, c’est le vide complet. Il n’y a pas eu, au cours de la saison 2014,  un seul judoka a avoir hissé très haut le quadricolor mauricien.  A un point qu’on se pose encore la question si en 2015 la FMJDA disposera d’une équipe solide pour les Jeux des Iles à La Réunion. Sans doute, la fédération doit penser  à trouver un entraîneur de poids, car la présence  du svelte Florian Velici ne favorise pas la force de frappe naturelle du judo mauricien: les lourds.  Un secteur que la FMJDA doit sérieusement prendre en considération et trouver une solution.
Par contre sur le plan organisationnel, la FMJDA, mené par son sempiternel et infatigable Joseph Mounawah, a encore une fois marqué des points. L’organisation à Maurice des 35es Championnats d’Afrique (26-29 juin) et pour la 2e année consécutive de l’Africa Judo Open tendent à montrer que la FMJDA reste dans l’événementiel et sans doute la présence de l’homme d’affaire François de Grivel aux côtés de la FMJDA a sans doute aidé à mettre en place des structures organisationnelles plus professionnelles. Mais reste que la transparence n’est pas encore entrée dans le vocabulaire des dirigeants de la FMJDA. Une utilisation plus conséquente de ce mot aurait certainement aidé l’instance de GRNO à résoudre bien de problèmes à la racine.
Valère, le boulet
Au niveau du calendrier, la FMJDA s’en sort avec un 10 sur 10. Puisque le calendrier traditionnel a été respecté avec cette fois de l’innovation, notamment avec trois compétitions internationales nommément les Internationaux de Maurice, les 35es Championnats d’Afrique et l’AJOM. Trois compétitions aux cours desquelles les judokas mauriciens sont parvenus à s’exprimer tout comme les sorties à l’étranger. Au niveau des jeunes, la moisson a été bonne, avec pour preuve les 20 médailles d’or remportées lors des internationaux de Maurice, chez les minimes, cadets et junior. Alors que lors des Internationaux de La Réunion, les locaux ont ramené dans leurs valises 9 médailles d’or.
La formation a aussi connu un « boost » cette année au sein de la FMJDA qui compte désormais neuf judokas avec un niveau de premier Dan, quatre avec un 2e Dan et un avec un 3e Dan. Dans les régions, le judo a commencé sa percée avec six compétitions régionaux, notamment à Belle Vue, Pointe aux Piment, Grand Bel Air, Vacoas, Port-Louis et Flacq entre autres.
Dans ce concert de bonnes choses, il existe quand même une tâche au sein de la Fédération mauricienne de Judo et Disciplines Associées. Elle n’est pas la moindre, puisqu’il s’agit bien du président même de cette fédération, Josian Valère. Une paradoxe pour une discipline qui est portée en tête d’affiche dans notre édition du jour. Loin d’être un atout, Josian Valère a été un vrai liability pour la FMJDA à un point qu’aujourd’hui, il faut lancer des avis de recherche pour le retrouver dans les parages de la fédération. Désormais, Josian Valère qui est devenu plus un boulet qu’un atout pour la FMJDA, a passé le plus clair de son temps à voyager et à boycotter Week-End.
En effet, celui  qui est devenu président de cette fédération par un extrême concours de circonstances a sciemment donné des ordres pour que la rédaction de Week-End soit systématiquement écartée des actions de la FMJDA. Mais ce n’est pas pour autant que nous n’avons pas été tenus informés des actions du judo mauricien. Heureusement qu’il existe un certain Joseph Mounawah, qui malgré ses défauts, est un homme qui croit dans la communication.