«Que se passe-t-il réellement à Mont-Choisy? » C’est la question que se posent les opérateurs de bateaux de la région pour qui, les nombreux va-et-vient des officiers de la Tourism Authority (TA), de son chairman Robert Desvaux, du ministre du Tourisme Xavier Duval, lui-même, depuis quelques jours sur la plage, accentuent leurs interrogations quant à la concrétisation prochaine, comme annoncée par Week-End la semaine dernière, d’un éventuel projet d’aquaparc dans le lagon.
Pourtant un communiqué a été émis, cette semaine, par le ministère du Tourisme, via la page Facebook de Xavier Duval lundi dernier, pour rassurer tout le monde: «aucun projet d’aquaparc ne sera autorisé dans la boat free zone de Mont-Choisy».  Malgré ces assurances, des sources maintiennent avoir pris connaissance d’un projet d’aquaparc dans cette zone.
Cette semaine encore, un promoteur, Yashley Jootun de la Kassy Waters International Ltd, nous a confirmé son intention d’implanter un aquaparc sur notre île, sans préciser le lieu,  premier du genre à Maurice et dans l’océan Indien. S’il n’a pas voulu entrer dans les détails, ni n’a confirmé où il sera établi, il reste que, selon nos recoupements, un épais dossier incluant les plans de ce parc comprenant des activités non motorisées, a déjà été déposé à la TA où une présentation a eu lieu en mars dernier.   
Pas contre,  mais pas à notre détriment
« Nous ne sommes pas contre une délimitation du lagon pour que les Mauriciens et les touristes puissent jouir de la mer. Mais pas kapav met nou opérateurs dans enn coin, fer nou perdi nou bol manzé », disent les opérateurs de bateaux et activités nautiques à Mont-Choisy. Depuis une semaine, ils sont montés au créneau pour dénoncer la menace qui pèse sur leur gagne-pain. En faisant de Mont-Choisy une «No boat zone », et en déplaçant les plaisanciers sur deux points spécifiques de la plage — au niveau du point d’embarcation à côté du Club Med et en face de l’hôtel Tarisa Resorts, où ils ne pourront opérer à cause des rochers qui s’y trouvent — la concurrence entre les opérateurs de bateaux sera désormais malsaine, déplorent-ils. Ce qui les gêne davantage, c’est cette perspective que représenterait l’installation d’un aquaparc dans cette zone.
Si le ministère du Tourisme maintient que cette information est sans fondement, Week-End détient des informations selon lesquelles une demande de permis a été pourtant déposée à la TA depuis quelque temps. Sera-t-elle acceptée?
Entout ca, en  mars dernier, des promoteurs auraient effectué une présentation de leur projet à la TA où les officiers qui y ont assisté auraient obtenu la garantie que ce projet ne sera pas néfaste à l’environnement marin et que la sécurité des clients sera assurée.
Les opérateurs incommodent
Dans ce parc seraient aménagés, outre des activités qui seront toutes non motorisées, un toboggan géant, pour sensations fortes, des jeux pour enfants et autres pneumatiques. On apprend également que ces promoteurs, qui seraient proches d’une haute personnalité du présent gouvernement n’attendent que le feu vert des autorités pour démarrer.
Du côté du ministère du Tourisme, tout en soutenant que « certaines plages sont accaparées par des opérateurs qui font du business parfois au détriment de l’environnement et en faisant fi des normes de sécurité, ce qui incommode grandement le public », on explique que l’objectif de décréter certaines plages, comme Mont-Choisy, « No boat zones », vise essentiellement à remédier à cette situation. C’est dans cette optique que le ministère a décidé d’aménager des zones de sécurité sur certaines plages très fréquentées afin que le public puisse jouir en toute sérénité des plaisirs de la mer. Cette mesure bénéficiera à des milliers de Mauriciens qui se rendent régulièrement à Mont-Choisy et qui seront enchantés de voir grandir  leur espace de loisir, renforcer leur sécurité et assainir l’environnement.
Les opérateurs de bateaux n’en ont cure des affirmations ministérielles. Ils maintiennet que cette délimitation du lagon cache un autre dessein. Les allées et venues des officiers de la TA sur la plage de Mont-Choisy, ces derniers temps, confirmeraient, selon eux, « l’intention des autorités de vendre le lagon à un seul promoteur ». Pourtant les autres services ne détiennent à ce stade aucune information à ce sujet. Au Board of Investment, on soutient qu’aucune demande de permis pour un aquaparc n’a été soumise, alors qu’au ministère de la Pêche on laisse entendre que c’est à la TA de donner son accord et qu’il n’est pas concerné . Du côté de l’Environnement, on fait comprendre que ce n’est qu’après le clearance de la TA qu’une demande de permis EIA peut être soumise au ministère pour son aval. A la Tourism Authority (TA), on affirmait la semaine dernière ne pas être au courant d’un tel projet, quels que soient le site et le promoteur.
De son côté  Yashley Jootun,  qui a confirmé son intention de construire un aquaparc à Maurice (voir plus haut) n’a, toutefois, pas voulu donner de plus amples détails. Il nous a donné rendez-vous la semaine prochaine. Cependant, il affirme que cet aquaparc sera le premier du genre à Maurice et dans la zone océan Indien. Tout cela renforce, le scepticisme des opérateurs de bateaux de Mont-Choisy qui se demandent pourquoi la TA et le ministère du Tourisme font tant de mystères et ne viennent pas de l’avant avec les tenants et aboutissants de ce projet, qui est lui bien réel.
« S’il n’y a pas de projet d’aquaparc, pourquoi cet opérateur confirme qu’il va s’installer à Maurice? Et s’il y en a un, pourquoi ne nous dit-on pas où il va se faire?» se demandent-ils. Ils font ressortir que si cela se concrétise à Mont-Choisy, «ce serait du favoritisme et une catastrophe pour eux ».  Et de conclure «Nous peinons pour gagner notre vie sur la plage, car aujourd’hui les touristes préfèrent le all-inclusive. Les Mauriciens, eux,  profitent de nos activités, mais ils ne sont pas si nombreux. Et voici qu’un promoteur vient s’ajouter à la liste, cela accentuera la pression qui existe déjà sur nous. Et, évidemment, avec les activités d’un aquaparc, ce sont les petits opérateurs qui en pâtiront ».