Si Noël est, avant tout, une fête religieuse avec la commémoration de la naissance du Christ par les chrétiens, elle a pris un penchant commercial certain, depuis des décennies déjà. Cela, grâce aux diverses promotions et autres stratégies de marketing. Trois jours avant, l’ambiance enivrante de la Noël envahit littéralement les rues et centres commerciaux. Un constat, hier après-midi, dans la capitale et les centres commerciaux laisse entrevoir le marathon qui a commencé, à la satisfaction générale des commerçants.
Au nouveau centre névralgique qu’est devenu Bagatelle Mall, où convergent des milliers de visiteurs, le hall principal grouille de monde. Il est presque impossible de flâner en toute quiétude sans se rentrer dedans. Si certains, visiblement lassés, s’offrent un moment de répit sur les bancs, d’autres continuent la ruée vers les magasins. Le géant Cash & Carry est inondé de monde et devant la frénésie et les achats incessants de clients, les vendeurs ont à peine le temps de souffler.
Forts des divers produits les uns les plus tentants que les autres, les commerçants n’ont aucun mal à se partager les clients. « L’ambiance est là. La vente est plutôt bonne. Je note que les clients dépensent beaucoup », affirme une vendeuse qui propose des chaussures et accessoires de marque.
Quelques kilomètres plus loin, le centre commercial de Phoenix, nouvellement rénové, grouille aussi de monde. Entre les diverses publicités pour les produits de marques et les jeux pour enfants, tous le monde y trouve son compte. Le supermarché Jumbo affiche complet avec les milliers de personnes venues s’approvisionner pour le réveillon de la Noël. « J’ai décortiqué les brochures avant de me décider. Bien que bon nombre de produits sont en promotion, je reste néanmoins prudente pour ne pas céder à mes impulsions », dit Christelle, 50 ans.
Au Caudan, à Port-Louis, les gens déferlent comme à l’accoutumée, mais les ventes ne sont pas au top. À pareille époque, soutient Danielle, la vente était auparavant nettement mieux, même si les produits mauriciens qu’elle propose se vendent bien. Juanita, responsable d’un magasin de vêtements, estime que l’ambiance est terne. « Tous se dirigent vers Bagatelle. On croirait que Caudan ne fait plus rien, mis à part d’investir dans les décorations. Il n’y a jamais personne pour le late night shopping », dit la vendeuse, morose. Mais cela diffère du côté de Jean-Philippe de chez I-Shop qui vend merveilleusement bien les laptops, ipod et ipad en cette période.
Plus loin, aux abords du Rogers Square, les marchands ambulants sont légion. Selon l’un deux, il est quasi impossible de travailler en paix en raison des policiers qui les effarouchent. De plus, affirme un autre, les ventes se raréfient en raison d’une poussée extrême de compétition. Mais d’après Vinessen, un autre marchand ambulant du côté de Winner’s de Port-Louis, les gens évitent Port-Louis en raison  des inondations meurtrières du 30 mars dernier. Il a quand même réalisé une bonne marge de profit compte tenu des ventes réalisées. « Demin osi, mo pensé mo pu vand bien », dit-il confiant.