À Maurice comme dans une bonne partie du monde, l’heure est à la fête. Après Noël, le Nouvel an. Au programme : repas gastronomiques, illuminations et cadeaux à gogo. Bref, l’occasion de surconsommer davantage. Autant dire que la planète, elle, n’est pas du tout d’humeur festive.
Les Mauriciens, c’est connu, ont “l’esprit de fête”. Autant dire que, comme chaque année, ceux-ci ont célébré dignement Noël et feront de même pour le réveillon de la Saint Sylvestre, oubliant de facto leurs habitudes écocitoyennes. Car la surconsommation a un coût pour l’environnement, notamment en termes de dépense énergétique. Doit-on pour autant bouder les fêtes ? Non, bien sûr, mais l’on peut toutefois tenter de réduire les impacts environnementaux par quelques gestes simples.
Commençons par les cadeaux. Car que l’on le veuille ou non, ceux-ci ont un impact significatif sur l’environnement. D’abord au niveau de leur production, dans les usines, mais aussi en termes d’emballages, de livraisons, de déchets plastiques ou encore de piles pour les jouets électroniques… Or, même s’ils n’ont fait pour l’heure l’objet d’aucune étude à Maurice, l’on peut déduire que, comme chaque année, près d’un million de paquets ont été déposés au pied des sapins, si l’on considère que chaque enfant reçoit en moyenne quatre à cinq cadeaux à chaque Noël. Et ce n’est encore que la partie émergée de l’iceberg, le chiffre ne tenant aucunement en compte ceux offerts aux adultes en cette même période. Le bilan carbone est donc catastrophique, le plastique constituant 60% des jouets et les piles équipant les joujoux hi-tech, soit 30% de la production, tous produisant finalement de dangereux gaz à effet de serre.
Des cadeaux qui font mal.
Il en est de même pour les guirlandes, grandes consommatrices d’énergie, qui illumineront les foyers jusqu’après les fêtes. Sans compter qu’à Maurice, ces mêmes guirlandes servent à plusieurs occasions chaque année, notamment lors de Divali.
Vient ensuite la question des déchets. Ces derniers sont multiples, et concernent tant les emballages de cadeaux que les restes des repas, généralement très copieux. Conséquence : les déchets générés pendant la période festive croissent fortement. Plastique, verre, etc. : tout y passe, que ce soit chez les particuliers ou dans les magasins.
La problématique du transport est également pointée du doigt. Et pour cause : pendant les fêtes de fin d’année, on fait du shopping, on rend visite à la famille… Bref, on multiplie les déplacements, quelquefois inutilement. Or, il faut savoir que les transports constituent d’ordinaire entre 30 et 45% de la production de CO2. Problème : pendant les fêtes, l’on constate une hausse de 50% du trafic habituel, avec pour résultat de voir la barre des 50% d’émissions de gaz à effet de serre franchie.
Tous ces travers ont un coût pour la planète, que certains chercheurs n’ont d’ailleurs pas hésité à chiffrer. C’est notamment le cas de ceux de l’Institut de l’environnement de Stockholm, dont une récente étude portait sur les fêtes de Noël en Grande-Bretagne. Selon eux, les cadeaux de Noël seraient à l’origine, en moyenne, de la production de 310 kg de CO2 par habitant. A cela vient s’ajouter le bilan carbone du transport, des “menus” spéciaux et des illuminations, entre autres. Résultat : chez les Britanniques, près de 650 kg de CO2 sont produits par habitant en cette période de l’année, soit l’équivalent d’un aller simple entre Plaisance et… Bombay.
Quelques conseils.
On le voit, notre attitude irresponsable porte un préjudice incalculable à l’environnement. Le plus navrant, c’est qu’il suffirait d’adopter quelques règles simples pour y remédier, sans avoir à sacrifier l’esprit des fêtes. Pour commencer, les décorations de Noël. À l’avenir, pour les guirlandes, optez pour des ampoules de basse consommation ou, mieux, des LED, toutes deux plus économes que les traditionnelles ampoules. En n’oubliant pas de les éteindre avant d’aller dormir. Ensuite, n’ayez pas peur de mettre le prix pour les décorations, ce qui vous permettra de les garder intactes plusieurs années. Idem pour le sapin : un artificiel de bonne qualité durera longtemps. Enfin, évitez l’emploi de neige artificielle.
Pour les cadeaux, le marché de l’occasion se révèle à la fois économique et écologique. D’autant qu’il est assez facile de trouver des objets de seconde main de bonne qualité. Évitez aussi les cadeaux utilisant un maximum de piles. Concernant les cadeaux toujours, ne déchirez pas les emballages, car ils pourront resservir à une autre occasion. Enfin, privilégiez la marche à pied ou le vélo pour faire vos emplettes. Pour terminer, concernant les repas de réveillons, optez pour des produits locaux, évitez la vaisselle en plastique jetable et compostez si possible les déchets alimentaires.
Par définition, Noël est une fête familiale, tout comme le réveillon du 31 décembre. Rien ne nous oblige donc à céder à la tentation de la surenchère et de la surconsommation. Faire preuve de vigilance n’altérera pas l’esprit des fêtes et nous permettra de faire le seul cadeau véritablement utile : une attitude plus responsable envers l’environnement !