Noir début d’année 2020 ! Non seulement à cause des accidents de la route qui ont tôt fait, encore et toujours, de réclamer des vies au nom de l’imprudence, de la négligence et de la méconnaissance (ignorance ?) du code de la route. Mais il y a aussi eu ce drame passionnel ayant coûté la vie à Devianee Bheekun. Sans oublier cette autre tragédie qui s’est jouée, elle, à Bord Cascades, Henrietta, à Vacoas, où la police a été contrainte d’ouvrir le feu et tuer un mari en proie à une colère noire et qui s’acharnait sur sa femme et ses deux enfants en bas âge.
De pire en pire, la situation ? Terrible, en effet. Sur les plans humain et social, Maurice va de plus en plus mal. Il n’y a qu’à parcourir les grands titres des médias au jour le jour pour s’en rendre compte. Les crimes, enlèvements, séquestrations, agressions, vols et viols avec violences et multiples autres formes d’infractions aux lois et manquements sont légion. Oui, certes, nous sommes dans une petite île avec une population d’un peu plus d’un million d’âmes. Où donc un ou deux drames au quotidien, ça fait déjà beaucoup. Mais beaucoup trop, hélas, et c’est cela que nos décideurs politiques prennent trop de temps à comprendre. Parce qu’avec ces cas qui pullulent dans les postes de police du pays, il y a en parallèle toute cette sourde montée de colère, d’irritation, d’intolérance, de jalousie, de haine, d’incompréhension et de négativité auprès et envers les uns et les autres, et très souvent pour des raisons… futiles. Symptômes d’une société en proie à un mal-être indéfinissable, aux raisons mal définies, par manque d’études évidemment, et surtout, un élément qui pourrait être catalyseur d’une explosion sociale à grande échelle, si l’on n’y porte effectivement pas l’attention appropriée. Sur ce point, on aura beau crier dans le désert, il semble bien qu’aucun politique ne souhaite y accorder d’importance ! Et pourtant, les pistes de solution sont très viables et concrétisables. Si seulement on voulait s’y attarder… Car ces noirs désirs cachent de bien sombres desseins.
Pour en revenir au cas de Bhavish Rosun, ce père de famille de 22 ans sur qui la police a fait feu – ce qui est rare dans l’histoire criminelle de notre pays –, plusieurs questions se posent évidemment. L’épouse menacée a, au nom de ses enfants, reconnu que ce geste fatal du policier lui a « sauvé la vie ». Le policier concerné a pour sa part indiqué qu’il n’avait d’autre choix que de faire feu, et ce en ne visant pas une partie inférieure du corps de B. Rosun, comme c’est convenu dans ce type de conjonctures, afin de briser l’élan de l’agresseur et de le ramener à la raison. Une enquête étant en cours, nous nous abstiendrons donc de tout commentaire.
Force est cependant de constater que ce cas précis ainsi que d’autres ramènent sur le tapis le fait que, d’une part, notre force policière est ultra-sollicitée, et pas uniquement pour des situations relevant de l’ordre et de la sécurité de la population. Par exemple, régler le trafic avec la récente mise en opération du fameux métro, soit. Mais jouer les nounous pour les automobilistes parce que les principaux concernés ont mal géré et assuré la transition, on dit non ! Est-ce qu’on n’en demande pas trop à une force policière souvent mal équipée, pas suffisamment et adéquatement formée et dont certains recrutements soulèvent des interrogations ?
La bonne nouvelle, cette semaine, est venue de la jeune ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Kalpana Koonjoo-Shah, avec la décision d’imposer l’âge du mariage à 18 ans dans le sillage de la présentation, très rapidement on le souhaite, du très attendu Children’s Bill au Parlement. Voilà enfin une ministre qui fait son “homework”, qui semble être à l’écoute des observateurs de la société et qui réagit dans le bon sens ! Bien entendu, cette unique décision ne peut apporter toutes les réponses aux problèmes impliquant nos enfants dans des mariages prématurés et des grossesses précoces : il y a tellement d’autres éléments en jeu. Le débat reste donc ouvert. Mais déjà, avec cette approche de Mme Koonjoo-Shah, on peut espérer que les choses aillent dans le bon sens pour ce qui est de l’avenir de nos enfants.