Sur Internet, il y a un business qui peut rapporter gros. Peu connu du grand public, il consiste à vendre des noms de domaine, autrement dit des sites aux noms, et aux extensions, qui nous intéressent : monsitetropbien.fr, ou, plus lucratifs, sex.com (vendu 14 millions de dollars en 2006) et porn.com (9 millions de dollars en 2007).
Alors que de toutes nouvelles extensions (.cool, .wine, .lol…) s’apprêtent à faire leur apparition, d’autres connaissent déjà, du fait de leur consonnance ou de leur signification, une certaine popularité aux côtés des traditionnels .com, .org, ou .fr. Ainsi le .io, pour « Indian ocean », qui recontre un certain succès dans le secteur high-tech, du fait de sa sonorité, ou de la signification de i/o en informatique (pour « input/output », « entrée/sortie »).
De la même façon que le .fr est lié à la France ou le .be à la Belgique, le .io est rattaché à un territoire, celui de l’Archipel des Chagos. Sauf que l’utilisation de cette extension profite intégralement à la Grande-Bretagne, de par l’excision de l’archipel à l’île Maurice lors de l’accession de celle-ci à l’indépendance en 1966. Si la République de Maurice avait un jour gain de cause dans ses revendications pour récupérer les Chagos, les retombées économiques de l’utilisation de l’extension .io pourraient donc être plus qu’intéressantes…
Aujourd’hui, alors « que le .tv rapporte des millions de dollars chaque année à la petite île du Pacifique Sud de Tuvalu, écrit Giga Om, que le .me profite au Montenegro », la popularité du.io dans le monde de la high-tech ravive l’histoire de l’Archipel des Chagos. Interrogé par le site spécialisé, Paul Kane, responsable de l’institution britannique chargée de gérer l’utilisation du .io, n’a voulu révéler ni le nombre de noms de domaines vendus chaque année, ni « le montant des revenus perçus par le gouvernement » anglais.
The Independent précise néanmoins que chaque action de sites Internet en .io coûte 60 livres. Un montant élevé confirmé par un développeur enthousiasmé par le .io :
« […] Les prix annuels sont dingues : 60 livres (93 dollars) pour la première année et 30 livres par an par la suite. »
La gestion des extensions sur Internet, et particulièrement des plus populaires tels que .me, .tv ou .io, est souvent méconnue du grand public. Ce qui peut être dommageable : il y a quelques années, alors que le régime du dictateur Khadafi s’effondrait en Libye, bon nombre de sociétés découvraient que le .ly, également très plébiscité, dépendait du pays. Et s’inquiétaient donc du sort que le régime pouvait réserver à leurs sites Internet.