Le ministre des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) Tassarajen Pillay Chedumbrum est catégorique sur le fait que le nom de domaine .mu est une ressource nationale qui garantit l’identité mauricienne dans le cyber espace. Son administration et sa gestion doivent être faites, selon lui, dans un cadre défini de normes, règlements et d’une politique déclarée calquée sur les réalités locales.
« Le train du marché des TIC à Maurice est maintenant sur la voie rapide. Favoriser l’e-business et l’e-gouvernance sont les priorités de ce gouvernement. Dans ce contexte, la gestion de nom de domaine d’un pays est très importante et peut être considérée comme faisant partie intégrante du développement de l’e-business et e-government. Il devrait, par conséquent, être considéré comme une partie de notre stratégie globale des TIC », souligne Tassarajen Pillay Chedumbrum qui intervenait la semaine dernière lors de l’ouverture d’un atelier sur la re-délégation du domaine .mu à la salle de conférence de la Cybertour No 1 d’Ébène. Le ccTLD (country code Top Level Domain ou, en français, domaine de premier niveau de code de pays) propre à chaque pays permet effectivement entre autres choses, de mieux référencer les adresses internet et de retrouver facilement les sites tels le .mu pour Maurice. « Le .mu, tout comme nos ressources naturelles, doivent de ce fait être gérées dans l’intérêt suprême de chaque individu de l’État souverain de Maurice car le .mu identifie des personnes, des entreprises et des institutions mauriciennes », affirme M. Chedumbrum. Tous les noms des domaines qui terminent par l’extension .mu doivent faire une référence unique à des propriétaires de domaines qui sont résidents à Maurice ou ont des entreprises ou sont des prestataires de service à Maurice, affirme le ministre.
Depuis les années 90, la gestion du nom de domaine sur le plan technique revenait à une compagnie du privé. L’État a en 2009 signifié son intention de récupérer la gestion du nom de domaine à travers la signature d’un accord avec Internet Direct Ltd. L’État mauricien propose en ce sens un nouvel encadrement administratif en ligne avec les meilleures pratiques internationales et qui assurera une transparence complète et une plus grande comptabilité envers la communauté de l’internet mauricien et du reste de cette communauté en général. La gestion, indique Tassarajen Pillay Chedumbrum, sera confiée à une entité pleinement représentative de la communauté de l’internet mauricienne. Le ministre est d’avis que le nouvel encadrement administratif devrait par ailleurs garantir les intérêts des utilisateurs.
Le but de cet atelier de travail était de discuter et de finaliser un modèle de fonctionnement de cette administration proposé par l’État en présence des parties prenantes. Celui-ci sera par la suite proposé à l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) — société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur internet — pour l’exercice de re-délégation.