Suite à la polémique sur sa nomination comme assesseure à l’Equal Opportunities Commission, Mary Jane Gayle Yerriah a soumis sa démission hier après-midi. Mardi dernier, l’avocat de l’inspecteur Rajesh Moorghen, Rouben Mooroongapillay avait fait ressortir que Gayle Yerriah n’avait pas cinq ans de pratique comme le requiert l’Equal Opportunities Act. De ce fait, tout le travail entrepris par la Commission où elle a siégé ces derniers mois est caduc, soutient-on. Me Mooroongapillay est, lui, d’avis que c’est la Commission elle-même qui doit être reconstituée car « elle n’était pas dans la légalité dès le départ ».
Mary Jane Gayle Yerriah a quitté l’Equal Opportunities Commission (EOC) hier et a soumis sa lettre de démission à la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim. Elle fut nommée en mai dernier, aux côtés de Khalid Tegally, Rishinand Roy Dhookhony et Guneshwar Shibchurn. Toutefois, selon l’article 27 (1B) (b) de l’Equal Opportunities Act 2008, un avocat nommé à la Commission doit compter cinq années de pratique au moins. Ce qui n’est pas le cas pour la principale concernée qui a prêté serment en 2013.
Compte tenu de ce développement, c’est tout le travail entrepris par l’EOC depuis l’arrivée de la nouvelle équipe qui est remis en question. Les décisions prises pourront ainsi être contestées par n’importe quelle partie adverse; Me Rouben Mooroongapillay précise que sa démarche s’insérait justement dans ce contexte. « Je ne voulais pas que cette situation porte préjudice à mon client. D’ailleurs, d’un point de vue légal, c’est toute la Commission qui devra maintenant être reconstituée car elle n’était pas dans la légalité dès le départ. »
Il se demande également, si avec la tournure des événements, son client aura un « decision fairness ». Me Mooroongapillay précise qu’il n’était pas venu avec l’intention de réclamer la démission de Gayle Yerriah de l’EOC, mardi dernier. « Je lui ai posé la question sur ses années d’expérience par rapport à ses propos au cours de la séance. »
Sollicitée pour une réaction, Gayle Yerriah a fait comprendre au Mauricien qu’elle ne souhaitait pas faire de commentaire.
En attendant que le Premier ministre nomme un nouveau membre à l’EOC, la Commission peut continuer à fonctionner. Selon l’article 27 (2) de l’Equal Opportunities Act, trois membres, incluant le Président de la Commission, constituent le quorum.
Rappelons que l’inspecteur Rajesh Moorghen avait porté plainte à l’EOC l’année dernière, contre l’ancien Commissaire de Police, Dhun Ishwur Rampersad. Il estime avoir été lésé dans ses fonctions, en raison de son appartenance ethnique.