L’Anglais Neil Garrod a été nommé vice-chancellor de l’Université de Maurice jeudi lors d’une réunion de l’UoM Council. Si la Student Union est montée au créneau pour réclamer un Mauricien à ce poste, les syndicats et le personnel académique de l’institution soutiennent quant à eux ce choix. « La SU est la seule à désapprouver cette nomination », déplorent-ils en faisant état d’« un lobby subi par l’Union des étudiants de la part des insatisfaits ».
Si la Student Union clame haut et fort que les étudiants ne sont pas d’accord avec la nomination d’un étranger à la tête de l’institution, au sein des syndicats, du personnel académique et sur le campus de Réduit dans son ensemble, c’est un autre son de cloche. « La Student Union est la seule à avoir un problème avec la nomination du Pr Neil Garrod. Tout le monde sur le campus est d’accord sur le fait que ce n’est qu’un étranger qui pourra apporter la stabilité au sein de l’Université de Maurice, comme d’ailleurs a tenté de le faire le Pr Konrad Morgan », lancent les syndicats de l’Université de Maurice (UoM). En effet, jusqu’ici, aucune pétition, comme l’avait indiqué la Student Union au Mauricien vendredi, n’a circulé parmi les étudiants pour contester la décision du Council de nommer un étranger comme vice-chancelier. Si pour justifier leur mécontentement, ces jeunes avaient avancé qu’un étranger ne comprendra pas les « mauritian realities » et mettra du temps à s’adapter, les syndicats soutiennent pour leur part que la candidature du Pr Neil Garrod « was by far the best ». « De quelles mauritian realities parle cette poignée d’étudiants, qui ne veulent pas voir une personne méritante à ce poste ? » s’insurge le personnel académique. Il souligne aussi qu’un vice-chancelier étranger reçoit le même salaire qu’aurait perçu un Mauricien. « Il est payé en roupies. À l’exception de l’hébergement, il n’a aucun avantage », lancent les syndicats. Et d’ajouter : « L’ancien Vice-chancelier, le Pr Morgan, avait reçu une voiture de fonction un mois avant son départ. »
Pour ce qui est du temps que prendra un vice-chancelier étranger à s’adapter à notre système, les syndicats ont cité le passage du Pr Morgan à l’UoM. « En peu de temps, le Pr Morgan a réussi à comprendre notre système, si bien qu’il a été le seul à pouvoir proposer un plan de restructuration qui tient compte des véritables lacunes de l’Université de Maurice », soulignent-ils. Toutefois, si cela fera bientôt un an que le plan Morgan a été avalisé par le Conseil de l’UoM, jusqu’ici, il n’a pas été implémenté malgré la nomination après le départ de l’ex-VC d’un Implémentation Committee ayant la tâche d’y apporter des modifications.
Le personnel académique déplore par ailleurs l’attitude de ces étudiants. « Nous vivons dans un monde globalisé. Si un Mauricien peut se rendre à l’étranger pour des études et y travailler, pourquoi un étranger ne peut-il pas assumer un poste à responsabilités chez nous ? », se demandent-ils. Compte tenu du fait que seule la Student Union s’élève contre cette décision, les syndicats évoquent « un certain lobby que subit l’Union des étudiants afin qu’un Mauricien soit nommé ». « C’est clair que ce sont les insatisfaits, ceux qui voulaient qu’un Mauricien soit nommé pour leurs propres intérêts qui sont derrière toute cette affaire. Dans quel pays a-t-on vu un syndicat étudiant décider de la nomination du vice-chancelier ? » lance le personnel académique.
Interrogée à cet effet, la Student Union soutient pour sa part que son intention « n’est pas de saboter la nomination du Pr Neil Garrod ». Son président, Navish Fookeerah, souligne une fois de plus que la principale préoccupation de la SU est d’avoir un « Mauricien de l’UoM à la tête de l’institution ». « Un Mauricien connaît déjà les problèmes et il a peut-être déjà la solution », affirme le jeune homme. La Student Union compte par ailleurs envoyer une lettre au Chairman du UOM Council, le Pr Soodursun Jugessur, afin de lui faire part de son point de vue.