Silhouette longiligne qui ne passe pas inaperçue, Nomita Seebaluck pousse l’admiration lorsqu’on apprend qu’elle est Manager à la Mauritius Port Authority. « Je suis une professionnelle du Port. J’y ai travaillé plus de dix ans », dit-elle. Le ton est donné. Le parcours de cette jeune femme réside dans trois mots-clés : respect, travail et ambition.
Voix posée, les idées claires, Nomita Seebaluck est Présidente de l’association Of Women Managers in the Maritime Sector in Eastern and Southern Africa (WOMESA). À la tête également de la Mauritius Port Authority (MPA), elle explique que les tâches portuaires ne sont plus un créneau destiné seulement aux hommes. L’implication des femmes dans des projets axés sur des secteurs économiques en tant que parties prenantes et membres décisionnels est un point fondamental, soutient-elle. Fière de son parcours, Nomita Seebaluck explique qu’au départ, elle cumulait plusieurs boulots. Détenant un Masters in Port Management & Shipping Administration, elle décide de se lancer dans le marketing après l’enseignement. Elle a travaillé pour la firme Happy World et la MBC avant d’être propulsée à la tête de la  MPA. Pour en revenir à son métier, elle dira : « Je me suis retrouvée dans une profession destinée aux hommes. Mais il n’y a pas vraiment de différences. Tout le travail se fait dans le respect et, surtout, je suis très appliquée. » A la question de savoir s’il est facile de déambuler en tailleur et talons aiguilles lorsqu’on travaille au Port, Nomita se contente d’abord de sourire avant de lancer : « C’est plus facile d’être en pantalon et chaussures plates, c’est vrai. Mais  j’assume aussi bien ma féminité. »
Mariée et mère de deux enfants, Nomita Seebaluck  reconnaît ne pas pouvoir vraiment être présente pour sa famille. « Je cède beaucoup au caprice de mes enfants quand on a nos petits moments à trois. Ils savent que je suis autant attachée à eux qu’à mon métier. J’ai un créneau d’horaire qui ne me laisse pas beaucoup de temps libre, mais je suis passionnée par ce que je fais et c’est cela qui me fait avancer. Je remercie mes parents, qui me soutiennent et qui sont toujours là pour les enfants. » Parlant de la venue du Costa Neo Classica dans les eaux mauriciennes, Nomita Seebaluck estime le créneau porteur. « Avec l’agrandissement du terminal, cela permettra d’accommoder plus de paquebots dans nos eaux. C’est très important pour notre tourisme. Les contracteurs de la MPA planchent déjà sur les travaux du terminal. »
En tant que présidente de la WOMESA, notre interlocutrice estime que cette association permet beaucoup d’échanges d’idées de femmes en management. « Il n’y a pas beaucoup de femmes dans le domaine maritime, à peine 24 membres, mais il est important d’avoir la mise en place de différents ateliers de travail. C’est intéressant d’encourager les femmes dans cette voie. Encore une fois, il faut être passionnée. Si vous l’êtes, alors aucun défi ne vous fera peur. » Si le temps lui permet, Nomita s’adonne à la lecture. Sa philosophie est d’être à l’écoute des autres. « On dit que les directrices ont plus de sensibilité. Moi, je privilégie l’écoute et le travail en équipe. » Son souhait : « Avancer dans le travail, assumer de nouveaux défis et, surtout, être à la hauteur de toutes les tâches qui me sont confiées. »