Après avoir énuméré ce qu’ils comptent réaliser dans la circonscription No 2 une fois arrivés au pouvoir, les candidats Razack Peeroo, Osman Mahomed et Reza Uteem ont été invités par la communauté sino-mauricienne à apporter des explications quant à la non-candidature du député mauve Kee Chong Li Kwong Wing. Lors de la séance de questions, ils étaient plusieurs à exprimer leur fort mécontentement à ce sujet : « Il y a une perception que la communauté chinoise ne reçoit pas le respect qui lui est dû. » Les intervenants ont invité les deux leaders du PTr/MMM à venir dire, lors de la prochaine réunion au Heen Fo Hall, la semaine prochaine, le rôle que joueront le député sortant mauve et l’ancien ministre Sylvio Tang, « qui a beaucoup travaillé dans le quartier ces quatre dernières années », si leur alliance arrive au pouvoir. Alors que Li Kwong Wing a tenté de tempérer l’atmosphère, l’ancien speaker, Razack Peeroo, devait les assurer de sa « droiture » et de sa « présence, à n’importe quel moment », ajoutant : « Je serai à votre disposition. »
Le président du Regroupement social des associations chinoises, André Li, devait ouvrir la séance des questions en disant sa « tristesse » que Ki Chong Li Kwong Wing n’ait pas obtenu de ticket pour ces élections. « Si vous sollicitez les votes de la communauté chinoise, il faut que vous soyez à notre écoute, surtout de notre incompréhension. Pourquoi Ki Chong n’a-t-il pas obtenu de ticket ? » demande-t-il. Selon lui, la communauté sino-mauricienne se pose toutes sortes de questions à ce sujet. « Une des raisons que j’ai lues dans les journaux, c’est qu’il se verra offrir autre chose. Désolé, mais si un chauffeur est bon, on ne lui demande pas de rester au garage. »
Répondant à la question, le député MMM Reza Uteem devait trouver « très regrettable » les propos d’André Li. Selon lui, lors des législatives de 2010, il avait exigé que Ki Chong soit au No 20 plutôt qu’au No 2 « parce que j’estimais qu’il y avait plus de chances qu’au No 2 ». Il ajoute : « Nous savons ce qui s’est passé avec Aline Wong. Dans chaque circonscription, là où il y a trois MMM ou trois PTr, il a fallu en éliminer un. L’alliance a décidé qu’il y aurait 2 PTr et 1 MMM parce que Michaël Sik Yuen est député au No 17. (…) Bien sûr, j’aurais préféré que Ki Chong (son ancien prof, Ndlr) soit avec nous, mais il y a eu un choix à faire. N’allez pas croire que le PTr/MMM n’a pas à coeur la communauté sino-mauricienne. Ne pensez pas que vous n’aurez pas de député et ministre chinois au prochain gouvernement. Toutes les communautés ont leur place dans ce pays. »
Intervenant, Ki Chon a avancé : « Bien sûr, la communauté aurait aimé que Ki Chong Tiger la représente, mais le Premier ministre avait fait appel à Sik Yuen lorsqu’il était en difficulté et il a voulu le garder. » Les protestations et autres mises en garde devaient se poursuivre. Bernard Li Kwong Ken, très connu pour son sens du mauricianisme et de ses oeuvres sociales, a d’abord tenu à préciser qu’il voterait pour trois Mauriciens, et ce sans tenir compte de leur communauté. Et de souligner : « A Maurice, il n’y a aucune communauté majoritaire. » Toutefois, estime-t-il, « il y a une perception que la communauté sino-mauricienne ne reçoit pas le respect qui lui est dû ». Il continue : « Aujourd’hui, tout ce qu’on demande, on nous dit, c’est noté. Mais quelle assurance avons-nous que tel sera le cas ? » Il a ainsi demandé aux candidats de prendre l’engagement de les rencontrer tous les six mois s’ils arrivent au pouvoir afin de pouvoir faire un suivi et de « briser cette perception que les politiciens ne viennent là que pour obtenir nos votes, pour ensuite ne plus les voir », ajoutant qu’il ne « faudrait pas prendre les sino-mauriciens pour acquis ».
Razack Peeroo explique à son tour : « J’ai un principe politique : je suis très franc et droit. Si je ne tiens pas mes promesses, quelle morale y aura-t-il ? Ce qu’on fera, notamment pour la sécurité, ce n’est pas communal, c’est pour le pays. Nous nous mettrons à la disposition de tous les habitants, sans distinction. » Auparavant, dans son message, Osman Mahomed devait énumérer les secteurs créateurs d’emplois, tels le MID, l’agriculture, le tourisme durable, le secteur manufacturier et l’économie océanique, et ce tout en attirant des investisseurs étrangers. Reza Uteem devait, lui, parler de « faire revenir les compétences mauriciennes émigrées » à l’étranger de même que d’évoquer le renforcement de la sécurité. A ce sujet, un intervenant devait faire remarquer qu’après plusieurs mois, contrairement à ce qui a été annoncé au Parlement, des caméras n’ont toujours pas été installées à China Town, où un Chinois « a été tué pour un téléphone ». Razack Peeroo a dit constater trois problèmes graves auxquels il faut remédier au No 2 : le chômage, le problème des infrastructures – notamment les trottoirs endommagés – et un manque de loisirs.