Le ministre du Travail a fustigé la SICOM hier après-midi pour « delaying tactics » dans la démarche de reconnaissance de la SICOM Employees Union, dont la demande a été adressée à la direction de cette compagnie d’assurance depuis le 9 avril. « La loi est claire à ce sujet », a fait ressortir Shakeel Mohamed, en ajoutant : « Elle accorde un délai à de 30 jours à l’employeur pour répondre à une demande de reconnaissance syndicale. Or, dans le cas de la SICOM, qui est un corps parapublic, on attend toujours. »
« Je condamne avec force toute forme d’intimidation des employés de la part de la direction de la SICOM, qui veut les empêcher de se syndiquer », a lancé le ministre Mohamed. « Leurs droits doivent être respectés et la SICOM doit comply with the laws of Mauritius. » Le ministre du Travail a dit attendre un « réveil » de la part du conseil d’administration de ce corps para-étatique pour qu’il prenne sa responsabilité. « Ce serait une honte si cette affaire était portée devant le tribunal », a-t-il affirmé. M. Mohamed a poursuivi : « Si j’ai demandé aux entreprises du privé d’accorder la reconnaissance aux syndicats qui veulent défendre les intérêts des employés, il est inacceptable qu’un corps parapublic agisse ainsi. Que fera le secteur privé alors ? » s’est-il demandé.
Selon les détails donnés par le ministre, la SICOM Ltd et la SICOM General Insurance Ltd auraient dû informer le syndicat par écrit de sa décision le 8 mai dernier. Or, elles ne l’ont pas fait. Ce n’est que le 12 juin qu’elles ont réclamé les détails de la représentativité syndicale auprès du syndicat, lesquels leur auront été donnés le 20 juin. Les deux compagnies ont alors pris l’engagement de donner une réponse avant le 19 août. « Dans leur réponse, elles disent qu’elles accorderont la reconnaissance si elles sont satisfaites de la représentativité adéquate du syndicat. Au ministère, nous sommes satisfaits que le syndicat bénéficie du soutien de 36,3% du personnel de la SICOM Ltd et de 55,2% de la SICOM General Insurance Ltd », a dit le ministre. Et de dire ensuite être d’accord avec le syndicat sur le fait que la SICOM est en train d’adopter une delaying tactics dans le but de ne pas le reconnaître. « They are playing a dirty game », a-t-il lancé.
M. Mohamed s’est demandé si cette décision de la SICOM n’a pas à voir avec le « review of conditions of service and salaries » actuellement en cours au sein de ces deux entreprises. « La SICOM existe depuis 1975. Alors comment se fait-il qu’il n’y ait aucun syndicat reconnu au sein de cette entreprise en 2013 », s’est-il interrogé.
A une question du Mauricien, le ministre a répondu que le survey effectué par la SICOM au sujet du nombre de ses employés souhaitant se joindre à un syndicat est null and void. « Je leur ai proposé une médiation du ministère pour certifier la représentativité syndicale, mais elle ne se dit pas intéressée. Elle préfère se rendre au tribunal. J’espère que le conseil d’administration se réveillera », a-t-il déclaré.