Environ 45 à 50% des eaux traitées injectées par la Central Water Authority (CWA) dans le réseau de distribution annuellement n’arrivent pas jusqu’aux consommateurs. En cause principalement, selon l’organisme, les fuites et vols sur le réseau. Les Upper Plaines Wilhems étant les régions les plus affectées par ce problème, la CWA a enclenché, depuis juillet 2013, avec l’aide d’une équipe singapourienne, un projet visant à réduire les pertes sur le réseau. L’organisme a ainsi fait l’acquisition d’une série d’équipements de haute technologie servant à détecter plus facilement les fuites et envisage de réduire, d’ici deux ans, par 10%, la Non-Revenue Water (NRW) dans ces régions.
La « non-revenue water » est la différence entre le volume d’eau produit et distribué à travers le réseau de la CWA et lcelui effectivement vendu aux consommateurs. Cette différence est due à un certain nombre de raisons, dont les principales sont la perte d’eau dans le réseau de distribution – qui date de plus de 100 ans –, les compteurs défectueux et le vol d’eau. Parmi les régions les plus affectées: les Upper Plaines Wilhems, couvrant notamment les régions de St-Pierre, Moka, Curepipe, Vacoas et Quatre-Bornes, qui comptent le plus de consommateurs. Ainsi, suivant une étude faite par les experts singapouriens dans la région de Mare-aux-Vacoas en 2013, une autre équipe singapourienne a été recrutée pour la mise en oeuvre du projet de NRW. Des équipements dernier cri ont été installés pour permettre, grâce à des capteurs reliés à un logiciel informatique, d’identifier plus facilement les fuites et d’intervenir sur le réseau.
Pour le vice-Pm et ministre des Utilités Publiques, Rashid Beebeejaun, qui effectuait jeudi dernier une visite du site au morcellement Poussin, La Marie, où le système exploité par les Singapouriens a été installé, « dans le passé, nous avions un système laborieux pour identifier les pertes. Désormais, la tâche sera beaucoup plus facile, d’autant que le système peut être utilisé de jour comme de nuit, sans avoir à se soucier des bruits alentours. » Selon lui, ces équipements de haute technologie – dont l’investissement s’élève à environ 16,000 dollars singapouriens rien que pour un système de trois capteurs – permettront de diminuer par 10% la Non-Revenue Water pour la region de Upper Mare-aux-Vacoas, d’ici deux ans. Cependant, cela ne se fera pas du jour au lendemain, prévient le chairman de la CWA, Prem Saddul. Se référant à la situation à Singapour, il souligne que ce pays a pris 60 ans pour réduire son problème de NRW de 95%. « La réduction de la NRW a été à l’agenda de la CWA depuis des années. En dépit de toutes les bonnes intentions, il n’y a pas eu les moyens nécessaires pour s’attaquer à ce problème. Aujourd’hui, grâce aux investissements effectués, nous travaillons en collaboration avec les Singapouriens et il faudra compter plusieurs années encore car il s’agit d’un problème sérieux auquel nous faisons face, comme plusieurs autres pays », dit-il. D’où l’objectif fixé par la CWA de réduire, en deux ans, le problème de NRW de 10%. Par la suite, le projet sera étendu à d’autres régions de l’île.