Plus de peur que de mal, hier après-midi, dans certains villages du Nord, dont Rivière-du-Rempart, où plusieurs maisons avaient été inondées il y a quinze jours après de grosses averses. Il a de nouveau plu hier et les habitants de la cité CHA, à Rivière-du-Rempart, sont tous sortis dans la rue pour surveiller la montée des eaux, craignant encore des inondations. Mandés, les pompiers ont fait évacuer l’eau accumulée dans la rue.
Sur place, un habitant nous invite à voir les dégâts causés dans sa maison et dans celles de ses voisins lors des dernières grosses averses. « C’est la troisième fois que ce problème est arrivé, les autorités nous disent toujours qu’ils vont construire des drains. On en parle depuis les dernières élections », dit-il, déplorant le fait que les autorités ne viennent pas à leur secours. « C’est nous qui souffrons ici à cause des grosses pluies. Certaines personnes bénéficient de l’aide sociale, d’autres comme nous, non », ajoute-t-il. Et d’indiquer avoir dépensé plusieurs dizaines de milliers de roupies pour refaire sa maison. « Nous n’inventons rien, venez voir de vous-même. Heureusement, il n’y a pas eu beaucoup de pluies aujourd’hui. La semaine dernière, le niveau d’eau avait atteint les 4/5 pieds de hauteur », souligne notre interlocuteur.
Plus loin, ses voisins rapportent que lorsque les eaux des pluies entrent dans leurs maisons, les eaux usées venant des toilettes sortent pour se répandre dans la maison. « La, finn servi nou papye, nou pe bizin al pey Rs 2 800 pou vid twalet la », nous dit une vieille dame. D’autres montrent les dégâts causés dans leurs maisons et déplorent qu’ils ne savent plus à quelle porte frapper. « Ki sannla nou pou al gete ? » lance cette dame.
Par ailleurs, les pluies d’hier ont aussi causé des accumulations d’eau dans plusieurs endroits, principalement dans les plantations de canne à sucre, à Piton, à Rivière-du-Rempart et à Fond-du-Sac. Des planteurs commencent à s’interroger sur les effets qu’auront ces pluies sur la pousse de la canne dans les mois à venir. « Normalement, les pluies en cette période sont bénéfiques à la canne, mais il faut aussi savoir que le trop nuit », déclare un planteur, qui craint que les racines des cannes à sucre ne pourrissent, les rendant ainsi plus fragiles. « La météo prévoit encore de la pluie pour aujourd’hui et les jours qui viennent. Dieu seul sait ce qui arrivera à la canne à sucre », fait ressortir un autre planteur.