La CID de Goodlands, sous la supervision du sergent Krishnanair, qui mène l’enquête, a procédé à l’arrestation de trois suspects, saisi du matériel informatique, de même qu’une voiture. Huit fausses coupures ont aussi été saisies. D’autres arrestations sont à prévoir.
C’est dans la matinée de vendredi que l’Information Room de la police a pris connaissance, par le truchement d’un colporteur de 22 ans, que de faux billets seraient en circulation au marché de Goodlands. Le colporteur affirme qu’un de ses clients lui a remis un faux billet de Rs 1,000, portant le numéro de série AW051656, contre paiement pour des articles. La police régulière ainsi que la CID de Goodlands devaient être immédiatement mis sur le coup.
Dans un premier temps, Navin Bansram, 32 ans, Habitual Criminal fiché au poste de police de Flacq, a été appréhendé par le sergent Doolooa. Deux autres suspects, Sunil Teeloo, 40 ans, et Vishal Busgeet, 21 ans, habitants de Plaine des Papayes, ont aussi été appréhendés. Une fouille corporelle sur le suspect Teeloo devait permettre la découverte du pot-aux-roses. Huit faux billets de Rs 1,000, quatre de Rs 500, deux de Rs 200 et un de Rs 100 étaient en sa possession.
Dans le sillage de l’enquête policière, les enquêteurs devaient identifier le cerveau présumé de l’affaire comme étant Vishal Busgeet. Ce dernier, qui a été soumis à un interrogatoire serré, devait passer aux aveux. Il aurait fait comprendre aux enquêteurs qu’il avait utilisé du matériel informatique appartenant à son père, à savoir un ordinateur et une imprimante munie d’un scanner, dans le but de fabriquer la monnaie de singe.
Pour ce faire, il aurait utilisé de vrais billets, les aurait scan pour ensuite les reproduire sur du vulgaire papier de format A4. Il aurait expliqué aux limiers de la CID de Goodlands qu’il procédait ensuite à froisser les faux billets, afin de leur donner les caractéristiques de billets de banque usagés.
Selon les recoupements de Week-End, Busgeet aurait remis une première série de billets d’un montant de Rs 10,000 à Sunil Teeloo, contre paiement d’une somme de Rs 3,000 en vrais billets. Le premier batch de faux billets totalisant Rs 10,000 s’étant écoulé très rapidement, notamment en cette période de fin d’année, Busgeet aurait ensuite remis Rs 25,000 en billets factices dans le but de les écouler de nouveau. Dans le giron des enquêteurs, il y aurait actuellement pour environ Rs 50,000 en faux billets qui seraient en circulation. Mais on ne sait jamais…
A mesure que l’enquête progresse, il ressort que le cerveau présumé Vishal Busgeet aurait agi un peu à la manière des trafiquants de drogue, qui utilisent des jockeys dans le but d’écouler leur marchandise. Ces jockeys cibleraient principalement les marchés du nord et de l’est du pays, dont Goodlands, Triolet et Flacq, de même que les stations-service.
Week-End a appris qu’en début de semaine, un individu se serait approvisionné en essence à une station-service de Pamplemousses et aurait réglé sa note avec deux billets factices de Rs 100. Il aurait par la suite démarré au quart de tour sans même attendre que le change ne lui soit remis. Il s’est avéré que la plaque d’immatriculation qu’avait relevée le pompiste et qu’il avait communiquée à la police était un faux. Il reste également à savoir si de faux billets de Rs 100 et de Rs 50 remis à un pompiste de Rose-Hill le 8 décembre par un automobiliste qui réglait sa note provient du même réseau…
Tous les suspects qui ont été arrêtés pour l’instant ne sont pas des inconnus de la police. Outre Navin Bansram, qui est un HC, Busgeet et Teeloo sont fichés à la police et soupçonnés d’être des swindlers.
Hier, les éléments de la CID de Goodlands ont procédé à des fouilles aux domiciles des suspects. Chez Vishal Busgeet, un ordinateur, de même qu’une imprimante-scanner ont été saisis. En ce qu’il s’agit du volet de l’enquête relatif à l’achat d’essence par paiement factice, la CID de Terre-Rouge, emmenée par l’inspecteur Sewdhin, y travaille actuellement. Tous les suspects comparaîtront en cour de Mapou et de Pamplemousses lundi, sous une charge provisoire de counterfeiting bank notes. Ces enquêtes policières ont été placées sous la supervision de l’Assistant-commissaire de Police (ACP) Devanand Reekoye et du chef-inspecteur Sailesh Kumar Behary, responsable de la Northern Division CID.
La police tient à rappeler au public en général que la contrefaçon de billets de même que la possession de faux billets en connaissance de cause sont des délits punissables d’après la loi. La section 100(2)(a) du Criminal Code stipule que toute personne qui falsifie ou contrefait un billet de banque, ou un mot, une lettre, une figure, une marque ou un signe, « utters any forged or counterfeit bank note, knowing it to be forged or counterfeit », fabrique, utilise ou a en sa possession tout frame ou moule visant à fabriquer des papiers à billets de banque, risque la servitude pénale, voire l’emprisonnement allant jusqu’à 30 ans.
La section 42 du Bank of Mauritius Act 2004, pour sa part, stipule que toute personne ayant sa possession « any forged, counterfeit or altered note purporting to be issued by the Bank of Mauritius, knowing same to be forged, counterfeit or altered, unless he proves that he has lawful authority or excuse to do so », risque une amende allant jusqu’à Rs 1 million et la servitude pénale. Le PM, Navin Ramgoolam, a du reste répondu à plusieures interpellations parlementaires au sujet de ces peines dans le passé, notamment lors de la séance parlementaire du 27 mai 2008.
Les Casernes centrales recommandent la plus grande prudence au public de même qu’aux commerçants, notamment en cette période d’intense circulation monétaire.