École de théâtre et de musique, terrains des jeux, espaces verts, bibliothèques, gymnases, routes en bon état, toilettes publiques et surtout faire reculer les fléaux sociaux qui affectent tous les villages : autant de priorités des groupes de candidats qui se sont constitués dans les différents villages du nord de l’île pour prendre part aux élections villageoises du 2 décembre prochain. Le but étant d’offrir aux habitants des 36 villages de Pamplemousses et de Rivière-du-Rempart, des aménités modernes visant à l’épanouissement des jeunes, des femmes, des enfants et des personnes du troisième âge.
Narain Ram à Poudre-d’Or, Manisha Jhurry à Rivière-du-Rempart, Arsraf Coorja ou encore Faezal Rujub et Vinod Tauckoor à Plaine-des-Papayes, Oodye Bahadoor à Goodlands, Nizam Bugloo à The Vale, Michaël Momine et Jacky Alexandre à Trou-aux-Biches sont tous très motivés par ces élections. L’heure est venue pour l’un ou l’autre de réclamer, d’une part, des comptes aux conseillers sortants et d’autre part, de présenter et de faire avancer, s’ils sont élus, certains des projets qu’ils souhaitent réaliser dans leurs villages.
Narain Ram, enseignant de profession, n’hésite pas à faire entendre sa voix. « Notre village a été complètement délaissé ces dernières années », lance-t-il. Il en veut pour preuve l’absence de toilettes publiques en face de l’hôpital de Poudre-d’Or où se trouve également une gare pour les autobus desservant ce village. « Comment peut-on accepter que les employés du transport et même certains voyageurs fassent leurs besoins naturels derrière les autobus et les arbres dans un lieu où se trouvent également deux temples ? » dit-il. Il espère bien remporter ces élections afin de pouvoir y mettre bon ordre, tout comme Manisha Jhurry à Rivière-du-Rempart. Comme elle, Goorooduth Julleemun, un de ses adversaires, a du souci pour l’environnement du village. Il veut un jardin à Gandhi Square, sur le même modèle que celui de Plaine-Verte à Port-Louis. « Il faut éclairer notre village le soir comme la ville lumière qu’est Curepipe », lâche-t-il. À The Vale, comme partout ailleurs, Nizam Bugloo se préoccupe de la prolifération de la drogue. « Les jeunes manquent de loisirs », estime-t-il, « c’est la raison pour laquelle boukou pe pran siro. »
Si beaucoup de candidats blâment le gouvernement central pour n’avoir pas écouté les doléances des villageois, Oodye Bahadoor, vêtu d’une chemise rouge et drapeau rouge-bleu en main, se dit satisfait du travail accompli par les deux ministres de la circonscription N°6 (Grand-Baie/Poudre-d’Or) au sein de laquelle se trouve Goodlands. « Le gouvernement nous a donné pas mal de choses jusqu’ici. Nous voulons maintenant un marché moderne, des aires de stationnement, un dispensaire, un terrain de football, un complexe sportif mais aussi comme d’habitude, réasphalter nos routes », dit-il.
Si cet exercice du dépôt de candidatures s’est bien déroulé samedi, dans le calme et à la satisfaction des autorités, il n’empêche que la manière de faire de certains des candidats dans presque tous les villages fait tiquer. Ils sont de plus en plus nombreux à jouer la carte communale comme pour les élections générales. On cherchait encore à midi, samedi dernier, dans un des villages, un candidat venant d’une communauté spécifique pour faire la balance. Pire : certains se sont même permis de constituer un groupe de neuf membres d’une seule communauté avec à sa tête un membre influent d’un grand parti politique qui déclare à qui veut l’entendre : « Nou ki mazorite dan vilaz, nou bizin dirize. » Mais l’on nous a indiqué que cette communauté spécifique ne représente que 60 % de tout l’électorat du village…