J’ai lu avec beaucoup d’intérêts l’interview de l’entraîneur de Budheswar Gujadhur dans l’édition de Turf Magazine de la 11ème journée. Dites-vous bien qu’après avoir pris connaissance du contenu de cette interview, j’ai immédiatement pris ma plume car je sentais le besoin de répondre ou à la rigueur de remettre les pendules à l’heure afin de rappeler à notre cher Budheswar Gujadhur certaines choses qu’il a sans doute oubliées dans l’euphorie de la victoire.
Commençons donc, par le commencement. Il y a tout juste deux ans, il disait tout haut qu’il avait décidé de prendre ses distances de la scène hippique pour se consacrer à sa famille, notamment à ses petits-enfants. « Mais chassez le naturel et il est revient au galop ! » À peine Bertrand de Coriolis s’était-il mis en selle que Budheswar Gujadhur était déjà en train de s’échauffer pour prendre un nouveau départ. Au fait, il n’était jamais parti, un peu comme Robbie Burke qui était parti… pour rester ! Il était là, omni-présent dans le ‘parade ring’ en train de parader pour envoyer de temps à autre le message qu’il fallait et… à qui de droit.
«Le public et les propriétaires de chevaux n’obtiennent pas la considération adéquate du club» déclare Budheswar Gujadhur. Et son récit est éloquent. Il avance des exemples et il dit ce qu’il faut faire. Bravo ! Mais les turfistes eux peuvent poser la même question au principal concerné : le public a-t-il la considération adéquate de l’écurie Foo Kune dont il est l’entraîneur ? Pas plus tard que dimanche dernier, Week-End a publié un entrefilet où la sincérité des entraîneurs est mise en cause et je serais très curieux de savoir qui visait l’auteur de cet article ? Je serais également curieux de savoir ce qu’en pense Budheswar Gujadhur sur le contenu de cet entrefilet ?
Et je prends au bond les déclarations de Budheswar Gujadhur, lui même, qui trouvait que les chances de Bottom Dollar étaient presqu’inexistantes car il était resté trop longtemps à l’écurie avec de gros problèmes de santé. Or après la victoire de Bottom Dollar, Budheswar Gujadhur avait soudainement changé de langage en disant même qu’il regrettait que la cote de cette course avait été annulée et rouverte avec le retrait de Lividus. Étant un turfiste avisé, je ne comprends pas comment peut-on permettre aux entraîneurs de dire n’importe quoi à la télévision sans être ramené à la raison ni par le journaliste de service ni par le consultant qui normalement aurait dû intervenir pour que le public puisse avoir des informations fiables, correctes et précises. Qui plus est, le Mauritius Turf Club ne fait rien et laisse les gens déblatérés comme bon leur semble, jusqu’à induire les turfistes que nous sommes, en erreur.
S’il faut mettre de l’ordre c’est à ce niveau qu’il faut le faire car trop souvent les entraîneurs prennent les turfistes pour des cons. Et puisqu’il s’agit de l’écurie Paul Foo Kune, est ce que Budheswar Gujadhur peut nous dire pourquoi Glitter Star avait des oeillères ‘full cup’ lors de sa course dans la Duchesse alors que lors de sa deuxième sortie, il avait utilisé des ‘quater cup blinkers’ avec ce coursier? Et curieusement, le cheval avait très mal couru alors qu’il avait été très suivi au ‘betting’. Dans son éditorial de la semaine dernière, l’éditorialiste de Turf Magazine résume bien la situation en disant que ce qui ne devait pas être toléré pour des raisons évidentes fait pratiquement force de loi ici, à Maurice. Il est tout à fait vrai de dire qu’il existe des relations incestueuses à tous les niveaux, notamment au sein de l’écurie dont Budheswar Gujadhur en est l’entraîneur.
Caressant ce qu’il faut caresser dans le sens du poil, Budheswar Gujadhur fait les éloges d’Ian Paterson et déclare que la décision de le nommer a été sans doute la meilleure décision prise par le MTC ces derniers temps. Je ne veux pas être méchant, mais je suis sûr et certain que si les journalistes avaient fait leur travail comme il se doit, ils auraient certainement découvert que Budheswar Gujadhur n’avait pas été tendre envers l’Australien lorsqu’il était sur le point de partir en 2010. Qui avait parlé de ‘financial constraints’ ? Aujourd’hui curieusement, il trouve que Ian Paterson peut même aider le MTC dans d’autres secteurs afin de faire face à la rude concurrence sur le marché, notamment le football dont Play On Line est rappelons-le, le plus gros opérateur, ce même Play On Line où son nominator, à savoir Paul Foo Kune en est le promoteur.
Come on Bud, you can be smarter isn’t it ? Can’t you change yourself ? Cessez d’employer ce double langage qui, il est vrai, a fait votre réputation. Soyez plus modeste et plus réaliste car ceux qui vivent dans une maison de verre ne doivent jamais envoyer des pierres à son prochain.
Sinon… A bon entendeur salut !
UN MEMBRE DU MTC