Monsieur,
Suite à l’article « Les précieux ridicules » du 7 avril de madame Josie Lebrasse, je me dois d’exprimer mes observations, dans un souci de sécurité pour les habitants du quartier et pour la collectivité, notamment l’hôpital Jeetoo. Il serait désastreux qu’un nouvel épisode identique se reproduise. Résidant moi-même depuis 2007 au 31 rue Volcy Pougnet, dite rue Madame, je suis très concerné par cette montée anormale des eaux et sans vouloir initier une querelle inutile, je ne peux rester silencieux.
J’ai souvent observé que le ruissellement des eaux provenant de la rue Labourdonnais était beaucoup plus important que celui de la rue De Courcy. Une bonne partie de ces eaux traverse alors la rue Madame, puis se déverse ensuite du côté gauche du ruisseau Madame sans aucun obstacle. Lors des plus grosses averses du 30 mars, j’ai observé, comme d’habitude, de mon balcon du 3ème étage, de quelle manière ces eaux, venant des deux rues précitées, dévalaient la rue Madame et avaient très peu de possibilité de se jeter dans le ruisseau, à cause des trottoirs récemment construits.
Il est certain que la mise en place des trottoirs de chaque côté du ruisseau, entre les rues Labourdonnais et De Courcy, est sûrement et en grande partie responsable de l’inondation de l’hôpital Jeetoo. Certes, les débordements des eaux étaient plus importants et plus graves et concernaient, pour la première fois depuis 2007, les deux côtés du ruisseau. Le comblement de la partie terminale du ruisseau de la rue Madame a contribué à aggraver l’inondation de l’hôpital Jeetoo.
Par ailleurs, les drains de ces trottoirs, trop étroits et souvent obstrués par des cailloux, détritus, branches et feuillages, sont d’utilité très réduite pour l’évacuation d’eau. Le 30 mars, les eaux, des deux côtés du ruisseau, se sont accumulées devant l’hôpital Jeetoo, formant très rapidement un barrage qui a bloqué la circulation jusqu’à la hauteur de l’arrêt du bus.
L’eau a commencé à pénétrer dans mon garage.
Autre fait anormal que j’ai constaté, depuis le comblement du ruisseau à partir de la rue De Courcy :
A chaque fois qu’il pleut, l’eau jaillit du système à l’égout et chasse la plaque d’égout de son logement, à l’angle des rues De Courcy et Madame, donc du côté droit du ruisseau. Le jour de la catastrophe, plusieurs véhicules se sont trouvés piégés, leur roue avant droite s’étant engagée dans le trou de la bouche d’égout dont la plaque avait sauté et qui était devenue invisible sous la masse d’eau.
Je souhaiterais la destruction des deux trottoirs que ingénieur de Mahé de La Bourdonnais avait évité de placer lors de la construction du ruisseau, afin de laisser un passage naturel d’écoulement d’eau. Reconnaissons, par ailleurs, que les piétons utilisent rarement ces trottoirs, notamment celui du côté droit du ruisseau, parce qu’ils ont l’habitude de marcher carrément sur la chaussée.
Depuis quelques jours, je vois de nombreux ouvriers affairés à élargir les drains à l’autre extrémité du ruisseau et d’autres s’évertuer à en évacuer les détritus. Je crains fort que ces initiatives ne soient pas les meilleures solutions pour éviter une nouvelle inondation de l’hôpital Jeetoo, puisque les eaux dévalent toujours par les chaussées Labourdonnais et De Courcy et ne s’engouffrent pas à travers les drains.
Bien entendu, c’est en citoyen responsable que je me permets de donner mon avis, mais il appartient au ministre concerné d’en juger la validité, et ensuite de prendre les décisions qui s’imposent et d’en assurer leur application.
Docteur L. CHEONG