Notre corps est constitué de plus de 100,000,000,000,000 (cent mille milliards) de cellules qui sont des bases autonomes de la vie. Ces cellules sont composées d’atomes forgés au coeur des étoiles, ces soleils qui illuminent le ciel chaque soir. Si nous réfléchissons bien, finalement, nous sommes tous constitués de « morceaux de soleil » qui ont disparu. Nous sommes les enfants de cet univers grandiose, qui existe depuis plus de 13,7 milliards (13,700,000,000) d’années, alors que notre soleil existe lui depuis « seulement » 4,55 milliards (4,550,000,000) d’années.
Que représente une vie humaine dans la vie de cet univers si gigantesque et si immuable : le premier hominidé serait apparu il y a 7 millions (7,000,000) d’années, et si on établissait que notre soleil était né il y a 24 heures de cela, l’humain ne serait apparu il n’y a qu’un peu plus de 2 minutes et 12 secondes de cela sur une journée de 24 heures. La durée de vie moyenne d’un humain (75 ans) ramenée à l’échelle de l’univers ne représenterait que 4 dix-millièmes de secondes (0,0004 seconde) ; c’est dire comme notre passage sur Terre est bref à l’échelle de l’univers.
Parmi ces 100,000 milliards de cellules qui composent notre corps, chacune d’entre elles serait un peu comme cette fourmi qui a besoin de la fourmilière pour vivre et exister, car la cellule a besoin des autres cellules pour s’oxygéner, se nourrir, s’hydrater, éliminer ses déchets, et seule, elle n’est rien. On peut établir un parallèle à l’échelle humaine : un humain vit un peu comme une cellule dans ce corps, parmi un groupe d’humains dont il a besoin et qui forment un grand tout. Un grand corps que l’on pourrait appeler humanité ou société humaine qui vit sur une planète, d’où nous provenons compte tenu des éléments minéraux et de l’eau qui compose notre corps et où nous terminerons notre vie pour redevenir minéral et eau. Reste bien sûr cette étincelle que nous appelons vie, qui nous habite, et qui fait de nous cet être unique et cette mémoire qui reste quand nous ne sommes plus de ce monde.
Pourquoi détruisons-nous notre « maison » ?
Cette interdépendance nous amène à mieux comprendre les philosophies des peuples anciens de ce monde, qui ont compris rapidement que nous étions un tout, et que nous dépendions non seulement de la Terre mais que nous en faisions partie intégrante ; et que porter atteinte à la Terre, c’était porter atteinte à la race humaine, à nous-mêmes. C’est ce qui a amené beaucoup d’humains à protéger la nature. Alors pourquoi, nous les humains, qui sommes doués de raison et d’intelligence, de spiritualité, avons-nous oublié que nous ne représentons qu’une poussière d’étoiles qui s’évaporera si rapidement aux échelles cosmiques ? Pourquoi détruisons-nous notre « maison », la terre et les océans qui ont vu naître la vie ?
Peut-être est-ce la faute du temps, ce temps qui nous est si précieux et en même temps qui nous file entre les doigts ? Peut-être notre avidité nous a-t-elle trompé ? Pourtant, quitterons-nous ce monde avec toutes les richesses que nous aurions si jalousement amassées ? Nous avons oublié l’essence même de la vie, son sens, la spiritualité, le respect, la protection, le partage, et le temps si bref de notre passage sur cette Terre… le fait que nous ne soyons qu’un humain parmi les 7 autres milliards d’humains qui composent la fourmilière, que nous avons notre rôle à jouer, et que chaque acte que nous faisons tous les jours influe sur l’esprit de ce grand tout qu’est l’humanité.
Pourtant, une nouvelle conscience humaine est en train de naître et de se développer à travers le monde : la conscience environnementale. Cette conscience est revenue élargir notre fenêtre de vision du temps, car désormais, au lieu d’aller de plus en plus vite et de faire les choses rapidement, nous avons commencé à regarder notre futur, celui de nos enfants, et à réaliser que toutes nos actions d’aujourd’hui auront un impact sur le futur de l’humanité. Cette pression que nous subissons et qui nous fait agir un peu comme une cellule cancéreuse, folle, qui se développerait à l’intérieur de ce grand organisme qu’est l’humanité en utilisant ses ressources et en la détruisant pour un gain matériel rapide, est en train de devoir faire face à la conscience environnementale – cette conscience qui nous fait réaliser que nous sommes partie intégrante d’un groupe et de la nature, et qu’il nous faut désormais penser dans le long terme, et rétablir cette relation qui nous lie aux autres et à notre précieuse planète océan en vue d’assurer la survie de l’humanité.
Cette conscience environnementale s’étend avec plus de force. Elle fédère des composantes de la population très différentes, jeunes et vieux, riches et pauvres de confessions religieuses très différentes, et je pense qu’elle déterminera les décisions que nous prendrons à l’avenir.