Les signataires de cette tribune sont des enfants du pays. Nous sommes, avant tout, les amis de notre île et des amoureux de notre patrie.
Il nous a semblé opportun de réagir collectivement face à la montée en puissance des associations à vocation sociale et culturelle, voire religieuse, mais qui, sous le déguisement de l’appellation « socioculturel » s’ingèrent, dans les faits, à la fois dans la politique et la gouvernance du pays.
Nous tenons à rappeler que Maurice est, selon notre loi suprême, une République souveraine et indépendante et qu’une des caractéristiques de cet état de fait est une stricte démarcation entre la politique et les religions.
L’amalgame politique-religion semble être à la base de tout ce qui ne va pas dans le pays. Quand le choix des élus est assujetti à leur appartenance ethnique et communautaire au détriment d’une vraie compétence, quand les lobbies religieux et communalistes dictent la désignation des cadres du secteur parapublic et d’autres institutions publiques, quand des terres de l’Etat et des contrats publics, en guise de récompense contre un soutien souvent opportuniste, sont alloués à des émanations de groupuscules religieux, quand les forces sectaires pèsent, jusqu’à faire pencher la balance, sur les décisions d’un gouvernement ; il n’est guère surprenant que le pays soit dans un tel état de pourrissement avancé.
Nous tenons à condamner sans réserve les partis politiques traditionnels, coupables sans exception, de soutirer quelques parasites issus de ces regroupements, pour certains des récidivistes notoires, spécialisés dans le « carapatisme », souffleurs de « poukni » patentés, qui depuis de trop nombreuses années soufflent impunément sur la braise communale dans ce pays.
Nous nous engageons à un rassemblement des voix républicaines et progressistes de ce pays afin de nous ériger en rempart face à ceux qui se présentent comme des amis d’autres nations avant d’être amis de la leur.
Viv Moris !