Des changements dans l’organisation de la Doha Secondary School, devenus nécessaires avec son nouveau statut de « fully grant-aided college », provoquent quelques remous. Des parents d’élèves et d’autres familiers de l’établissement expriment ainsi ouvertement leur mécontentement à la direction dans des réunions. Des tracts, contenant de graves allégations, circulent également. Les folles rumeurs – selon lesquelles Ally Sadek Polin, manager du collège, aurait été « arrêté par la police » – témoignent de cette agitation. Il aurait été entendu par la police ces derniers jours.
Si les affaires de la Doha Secondary School intéressent le public, c’est parce que l’établissement bénéficie de subventions de l’Etat depuis juillet. L’établissement obtient en effet plus de Rs 1 million chaque mois comme Management Grant. Ce collège fait partie de quatre établissements appartenant à l’Education Trust. Cette institution, fondée en 1998, possède en effet aussi une école primaire, un département pour des études supérieures (la Doha Academy of Tertiary Studies) et a fait récemment l’acquisition du Thanacody College (établissement subventionné situé à Souillac).
Lors d’une réunion des parents d’élèves du secondaire, qui a eu lieu samedi dernier, certains ont protesté vivement contre de nouvelles mesures prises par la direction. Ishan Hussenbocus, General Manager de ce Trust, ne nie pas les grincements de dents qui existent au sein du secteur secondaire, mais affirme qu’il ne s’agit que « d’une poignée de mécontents ». Selon lui, la réunion de samedi dernier concernait uniquement les parents dont les enfants voyagent par bus, afin de leur communiquer de nouvelles décisions. Environ 900 élèves sortent de différentes régions du pays et, jusqu’à l’année dernière, le collège bénéficiait d’un « service special » de l’UBS, pour lequel il devait payer car il s’agissait de requêtes spécifiques sortant du contexte prescrit par le gouvernement à propos du transport gratuit des étudiants. Du coup, c’est l’école qui prenait en charge les dépenses de ce « service spécial », sans pour autant réclamer de contribution aux parents. Mais la Doha Secondary School étant aujourd’hui une école gratuite, elle ne peut bénéficier de « service spécial » pour le transport de ses élèves, à moins de payer l’UBS pour le « petit plus » qu’elle souhaite avoir. C’est ainsi que la direction avait convoqué les parents samedi dernier pour leur demander s’ils étaient disposés à débourser pour financer ce service. « Nous avons exposé la situation aux parents et leur avons proposé une contribution de Rs 300 par élève. Une minorité n’était pas d’accord et a essayé de provoquer une situation conflictuelle. J’ai tout fait pour calmer la situation », explique Ishan Hussenbocus.
Interrogé sur les rumeurs persistantes selon lesquelles il y aurait de « profonds désaccords » sur d’autres points parmi ceux étant proches de l’administration du collège, le General manager de l’Education Trust affirme le contraire. « Au niveau du management, il n’y a pas de problème. Mais il y a, c’est vrai, une poignée de personnes tentant de déstabiliser le bon fonctionnement de l’établissement, en racontant notamment n’importe quoi, beaucoup de rumeurs et d’allégations. Ces gens sont en train de monter le public contre nous dans certains milieux », avance Ishan Hussenbocus. Qu’en est-il des allégations concernant un cas de malversation, visant directement Sadek Polin, le manager de la Doha Secondary School et de Thanacody College ? « La Private Secondary School Authority a ouvert une enquête dans cette affaire mais n’a rien trouvé de grave », répond à ce propos le General Manager. « Il est faux de dire que M. Polin aurait été enlevé ou arrêté », poursuit-il. Depuis jeudi, Le Mauricien a tenté en vain de contacter Sadek Polin sur son portable. À la Doha School, on nous a répondu qu’il « est en congé pour quelques jours ».
Selon ce dernier, la Doha Secondary « s’adapte avec beaucoup de facilité au système de grant-in-aid ». Il ajoute que certains changements dans l’organisation de l’école sont nécessaires pour répondre aux exigences des autorités. Ces derniers temps, le board of governors de l’Education Trust a procédé à une réorganisation des différents départements. « Nous avons redistribué les rôles parce que des personnes cumulaient plusieurs postes à responsabilités. Une remise en ordre s’inscrit dans le cadre de la bonne marche de tous les départements », soutient le General Manager du Trust. Des changements qui ne seraient pas du goût de certains, qui se voient exclus des instances de décisions et qui protestent contre la direction. « Des personnes qui n’ont rien à voir directement avec le collège veulent avoir leur mot à dire dans l’administration. On ne peut tolérer ça », poursuit I. Hussenbocus.
Le Board of Governors du Trust, qui tient sa réunion mensuelle demain matin, ne pourra faire abstraction de tous ces remous. Même si ses membres affichent la sérénité.