Le nouveau procès intenté aux douze Somaliens accusés de piraterie en haute mer a été pris sur le fond ce matin, devant les magistrats Wendy Rangan et Azam Neerooa. La poursuite, représentée par Me Shakeel Bhoyroo, a procédé à l’amendement de l’acte d’accusation porté contre eux. Les douze avocats commis d’office pour les représenter n’ont pas formulé d’objections. Les Somaliens devront comparaître à nouveau en Cour intermédiaire le 1er mars.
Dans un jugement en appel rendu le 18 décembre dernier, les juges Ah Foon Chui Yew Cheong et Asraf Caunhye ont ordonné à ce qu’un nouveau procès soit institué contre les douze présumés pirates somaliens, qui ont débarqué à l’aéroport de Plaisance le 25 janvier 2013, quelques jours après leur arrestation en haute mer. Les juges avaient statué que les magistrats de la Cour intermédiaire ont failli à apprécier les preuves présentées par la Poursuite lors du procès. Dans son appel, le DPP avait avancé 18 raisons contre le verdict d’acquittement des douze Somaliens.
Environ trois ans après leur arrestation et après leur acquittement en novembre 2014, les douze présumés pirates somaliens, qui sont âgés de 20 à 45 ans, devront une nouvelle fois faire face à la justice mauricienne cette année. Lors du début du procès ce matin en cour intermédiaire, Me Shakeel Bhoyroo, représentant la poursuite, a procédé à l’amendement de l’acte d’accusation portée contre eux. L’intitulé de l’acte d’accusation se lit désormais comme suit : « On or about the 5th day of January in the year 2013, on the high seas, around 240 nautical miles off the Somali coast (…) willfully and unlawfully committed an act of piracy, to wit an illegal act of violence bor private ends by the proof of a private ship directed against the MSC Jasmine, a Panama flag merchant vessel which was proceeding from Salah/Oman to Mombasa/Kenya ». Les douze avocats qui représentent les Somaliens n’y ont pas objecté.
Lors du procès, les avocats ont fait part à la cour de la manière dont ils vont procéder. Me Yahia Nazroo, qui représente l’accusé No 4, a quant à lui demandé que deux militaires américains de l’USS Halyburton, une frégate en service de l’US Navy qui avait été alertée par un SOS du MSC Jasmine le jour des faits, soient appelés en cour pour apporter la lumière sur les événements. D’autres avocats, dont Me Dev Ramano et Me Ghanshyamdas Bhanji Soni, ont signifié leur intention de prendre position sur le nouvel amendement.
Les présumés pirates sont accusés d’avoir attaqué le MSC Jasmine, battant pavillon de la République française, à coups de feu, le 5 janvier 2013 en haute mer à 240 nautiques des côtes somaliennes vers les 14 h 10 (heure de Somalie), à bord d’un skiff. Face à l’imminence d’une attaque dans cette partie de l’océan Indien, infestée de pirates, des membres de la sécurité à bord du cargo avaient alors déclenché deux fusées éclairantes en guise d’avertissement. Des militaires américains de l’USS Halyburton, alertés par un SOS du MSC Jasmine, devaient arriver à bord d’un hélicoptère en attendant l’arrivée de renforts, en l’occurrence la frégate française Le Surcouf ainsi qu’un avion militaire allemand faisant partie de la flotte de l’OTAN luttant contre les actes de piraterie dans cette partie du globe. Les accusés avaient été maîtrisés puis arrêtés. Lors de leur procès en cour intermédiaire, les Somaliens ont soutenu être de simples pêcheurs qui s’étaient rendus en mer le jour des faits pour retrouver un bateau qui aurait disparu au large.
Ils sont Abdoulakader Mohamed Ali, Said Mohamed Hassan, Ahmed Mohamed Isamel, Shafi Mohamed Osman, Hassan Salad Omar, Said Omar Farah, Mohamed Abdilahi Ahmed, Ali Hassan Mohamed, Abdi Mohamed Kidiye, Abdi Ahmed Yussuf, Abdillahi Mohamed Ahmed et Mahad Mohamed Ibrahim.