Fin du suspense pour les douze Somaliens arrêtés en janvier 2013 et poursuivis devant la Cour intermédiaire à deux reprises pour piraterie en haute mer. Dans un jugement rendu ce matin par les magistrats Wendy Rangan et Azam Neerooa, ils ont été trouvés coupables. Les magistrats se sont principalement basés sur le jugement d’appel pour rendre leur verdict et ont trouvé que les Somaliens avaient en effet attaqué le MSC Jasmin. Les plaidoiries sur la sentence auront lieu le 27 juillet.
Les Somaliens étaient accusés d’avoir attaqué avec des armes à feu le MSC Jasmine, battant pavillon de la République française, le 5 janvier 2013 en haute mer à 240 milles nautiques des côtes somaliennes vers les 14 h 10 (heure de Somalie), à bord d’un skiff. Face à l’imminence d’une attaque dans cette partie de l’océan Indien infestée de pirates, des membres de la sécurité à bord du cargo avaient alors déclenché deux fusées éclairantes en guise d’avertissement. Des militaires américains de l’USS Halyburton, alertés par un SOS du MSC Jasmine, devaient arriver à bord d’un hélicoptère en attendant l’arrivée de renforts, en l’occurrence la frégate française Le Surcouf, ainsi qu’un avion militaire allemand faisant partie de la flotte de l’OTAN luttant contre les actes de piraterie dans cette partie du globe. Les accusés avaient été maîtrisés puis arrêtés. Lors de leur procès en Cour intermédiaire, ils ont soutenu être de simples pêcheurs qui s’étaient rendus en mer le jour des faits pour retrouver un bateau qui avait disparu au large.
L’intitulé de l’acte d’accusation retenu contre eux se lit comme suit : « On or about the 5th day of January in the year 2013, on the high seas, around 240 nautical miles off the Somali coast […] willfully and unlawfully committed an act of piracy, to wit an illegal act of violence bor private ends by the proof of a private ship directed against the MSC Jasmine, a Panama flag merchant vessel which was proceeding from Salah/Oman to Mombasa/Kenya ».
Les douze Somaliens sont Abdoulakader Mohamed Ali, Said Mohamed Hassan, Ahmed Mohamed Isamel, Shafi Mohamed Osman, Hassan Salad Omar, Said Omar Farah, Mohamed Abdilahi Ahmed, Ali Hassan Mohamed, Abdi Mohamed Kidiye, Abdi Ahmed Yussuf, Abdillahi Mohamed Ahmed et Mahad Mohamed Ibrahim.
Lors des réquisitoires et plaidoiries, la poursuite a soutenu qu’il y a bien eu une attaque en haute mer et que c’est l’embarcation où se trouvaient les Somaliens qui avait été traquée dès le départ. La défense, quant à elle, avait soutenu que la poursuite se basait sur des « circumstancial evidences » et qu’elle n’a pu prouver le délit d’acte de piraterie en haute mer « for private ends ».
Trois ans après leur arrestation et après leur acquittement en novembre 2014, les douze Somaliens, qui sont âgés de 20 à 45 ans, ont fait face à un nouveau procès en Cour intermédiaire. Dans un jugement en appel rendu le 18 décembre dernier, les juges Ah Foon Chui Yew Cheong et Asraf Caunhye avaient ordonné qu’un nouveau procès soit institué contre eux.