Les professionnels de la Santé restent médusés devant le ton changeant du gouvernement depuis le début de l’année par rapport aux Doctors Registration Certificate Exams figurant dans la loi votée en décembre 2012 et promulguée le 1er août 2013. Les 169  médecins ayant terminé leur internat le 31 décembre 2013, et qui avaient protesté en janvier dernier, ne seront en effet pas les seuls à être exemptés d’examen. Cette fois, tous les nouveaux diplômés ayant introduit une demande d’enregistrement auprès du Medical Council avant le 31 décembre 2013 en seront aussi dispensés. Et ce n’est pas tout : les Dentist Examinations Registration, prévus lundi prochain, auraient été annulés pour les candidats mauriciens, mais une dentiste française, venue à Maurice pour travailler, devra, elle, obligatoirement y prendre part. Le questionnaire a été confié au National Board of Examinations of India.
« A force de créer des exceptions, ces dernières finiront par devenir la règle, au détriment de la loi. Cela ne fait pas  sérieux ! » lâche un médecin de carrière  en poste dans le service public. Le Medical Council (MC) et le Dental Council (DC), garde-fous de la profession médicale et de celle des dentistes – et à qui revient, selon la loi,  l’organisation de ces examens –, ne peuvent pas aller à l’encontre des “policy decisions” du gouvernement. « Si le gouvernement vient avec un nouveau règlement concernant ces examens, nous devons nous y conformer », dit un dirigeant de l’Ordre des Médecins.
C’est ainsi qu’au mois de janvier, le ministère a agréé la demande de 169 jeunes médecins qui refusaient de participer aux examens qui devaient, en principe, avoir lieu après-demain. Face à la pression de ces jeunes et de leurs parents, le Parquet avait statué que tous ceux qui étaient enregistrés comme internes avant le 1er août 2013 seront exempté dudit examen. Oui, mais voilà que, dans un communiqué publié sur son site le 14 mars, le MC fait mention de deux nouveaux cas de figure pour être exemptés des examens de lundi prochain : 1) si le demandeur a été enregistré en tant que “pre-registration trainee”  avant le 31 décembre 2013; (2) si le demandeur pour le “registration” peut prouver – en soumettant les documents appropriés – qu’il a exercé comme généraliste durant pas moins de trois ans précédant sa demande tout en détenant un permis de généraliste dans le pays où il a pratiqué avant son arrivée à Maurice.
Grâce à cette nouvelle décision, les 130 nouveaux internes qui feront leur entrée à l’hôpital le 3 avril ne prendront donc pas part à la fin de leur stage, dans 18 mois, aux examens de “registration”. « C’est un grand soulagement et un stress en moins », confie l’un d’eux.
Pour leur part, quatre aspirants dentistes (trois Mauriciens et une Française), attendant leur permis pour pouvoir exercer, ont été informés officiellement par le DC au début de ce mois de la date des prochains examens et de la date limite pour la soumission des candidatures. Mais en prenant connaissance de ce dernier communiqué du MC, ces aspirants dentistes mauriciens n’ont pas tardé à exprimer  leur désaccord à une éventuelle participation aux examens. Ils estiment en effet qu’il s’agit d’une « injustice à leur égard », soulignant que leur demande pour l’obtention de leur “registration” a été déposée avant le 31 décembre 2013 auprès du DC. « La loi votée en 2012 fait mention de l’enregistrement des médecins et dentistes. Comment se fait-il que les autorités fassent de la discrimination en accordant des exemptions », proteste l’un d’eux.
Leurs démarches n’ont pas été vaines. Dans les milieux du DC et du ministère de la Santé, on affirmait ainsi hier après-midi que les trois candidats mauriciens ne prendraient pas part à l’examen de  lundi prochain. Il revenait toutefois au Cabinet de valider cette décision qui, d’après les procédures, doit être publiée dans la Gazette du Gouvernement. Ce n’est qu’après cette étape que le DC pourra en informer officiellement les trois aspirants dentistes mauriciens. Quant à la dentiste française ayant fait une demande de permis pour travailler à Maurice, elle devrait, en principe, prendre part à cet examen, selon la loi en vigueur. Idem pour quatre généralistes indiens qui sont à Maurice pour raisons professionnelles.
Signalons que ces épreuves, initialement fixées au dimanche 30 mars à 9h30, auront finalement lieu le lundi 31 mars, à la même heure, en raison d’un retard dans la réception des questionnaires en provenance d’Inde.