La loi faisant obligation pour tous ceux ayant complété l’internat de passer un examen avant que le Medical Council ne leur octroie le “Certificate of Registration” est entrée en vigueur le 1er août. Dans une ultime concertation hier, le ministère de la Santé et le Medical Council ont décidé de la date des premiers examens, laquelle a été fixée au 29 septembre et concerneront une quinzaine d’aspirants médecins. En principe, cet examen se tiendra deux fois par an, le suivant étant fixé au mois de mars. Mais les 80 internes terminant leur stage fin décembre devront-ils patienter plus de deux mois avant de passer cet examen ? Est-ce que ce sera également le cas pour ceux qui termineront l’internat en juin prochain ? Les autorités concernées par la tenue de cet examen devront aussi se mettre d’accord pour savoir qui payera pour les dépenses administratives.
L’internat n’est plus l’ultime étape pour l’obtention du registration, qui permet de pratiquer la profession médicale. Le nouvel examen a pour but de vérifier si le demandeur « possesses adequate professional medical knowledge ». Dans l’ensemble, la profession médicale est d’accord sur la tenue d’un tel examen après les surprises désagréables que le Medical Council a connues il y a quelques années devant le manque de connaissances médicales de certains diplômés portant sur des questions basiques. « Il y a eu trop de critiques ces dernières années sur les compétences de nos jeunes. Si cet examen peut rassurer quant au niveau de ceux qui commencent leur carrière, alors tant mieux ! » réagit un vieux routier de la profession. « Certains préjugés existent vis-à-vis des diplômes de tel ou tel pays. Qu’ils reviennent de France, de Chine, d’Afrique du sud ou d’Ukraine, ces nouveaux diplômés doivent tous passer par cette étape. Cela mettra tout le monde sur le pied d’égalité », espère un médecin du service public.
Mais le ministère de la Santé et le Medical Council ont eu beaucoup de mal à trouver la formule qui leur semble la plus appropriée pour la tenue de cet examen. Dans les milieux du ministère et du Medical Council, on avoue qu’au moment où on amendait la loi, en décembre 2012, pour l’introduction de cet examen, tout « était encore flou ». Il leur a donc fallu plusieurs mois de discussions avant d’avoir les premiers éléments de réponses aux questions suivantes : quel type d’examen sera proposé et quel en sera le contenu ? Qui préparera les questionnaires et à qui sera confiée l’organisation ? A quelle fréquence l’examen doit-il avoir lieu ? Qu’est-ce qui est proposé ailleurs et vers quel pays se tourner pour obtenir l’aide technique nécessaire ?
Finalement, l’expertise indienne a été sollicitée, d’où la présence au mois de juin dernier d’une délégation du National Board of Examinations of India et d’un haut officiel du ministère de la Santé de ce pays. Le ministère de l’Education, le Mauritius Institute of Health, le Mauritius Examination Syndicate et le ministère des Finances ont aussi participé aux réunions de travail avec cette délégation indienne.
L’entrée en vigueur de la loi, depuis le 1er août, a obligé les autorités de la Santé à ne plus tergiverser sur les modalités de l’examen. Dans les milieux concernés, on confirme que le ministère de la Santé, le Medical Council et le MES sont tombés d’accord sur la date du 29 septembre. Ce qui est fixé : le MES se chargera du déroulement des examens tandis que les questionnaires seront préparés par le National Examinations Board of India. A la même heure, cet organisme indien organisera l’examen destiné aux internes en Inde. La durée de l’exercice sera toutefois différente. Alors que l’épreuve en Inde dure en principe cinq heures, celle destinée aux participants à Maurice sera, elle, d’environ deux heures. Le contenu du questionnaire destiné à Maurice aura une portée “clinical” – autrement dit axé sur des situations concrètes – et tiendra compte du contexte local.
Les autorités mauriciennes ont privilégié la formule du QCM (Questions à choix multiples) afin de ne pas pénaliser les étudiants ayant reçu des formations abordées de manière différente. Au Medical Council, on donne l’assurance que tout l’exercice sera effectué « dans la transparence », soulignant qu’un haut cadre du National Examinations Board of India sera présent pendant le déroulement de l’examen. Reste la question du coût de l’organisation de ces examens, qui n’a pour l’heure pas encore été abordée. Celle-ci s’avère pourtant cruciale, d’autant qu’elle comprend les frais de voyage de l’examinateur indien, l’impression des questionnaires et d’autres dépenses en termes de personnel et de logistique. « Who will bear the cost », se demandent plus d’un dans les différents organismes concernés.
Pour sa part, la direction du MES est prête pour cette nouvelle expérience, tout en se disant « fière » de la confiance qui lui a été accordée à cet effet. « Il s’agit d’examens écrits organisés de la même manière que nous procédons pour ceux de Cambridge », dit Lucien Finette. Et d’espérer que cette expérience permettra au MES de se voir confier à l’avenir la préparation des questionnaires.