La MITD Training Officers and Instructors Union se demande comment est-ce que le rapport 2013 du Pay Research Bureau peut faire état de plusieurs nouveaux postes, selon une nouvelle structure du Mauritius Institute of Training and Development, alors que le nouvel organigramme n’a toujours pas été finalisé. « Cela fait trois ans que nous sommes en négociation avec la direction. Le directeur du PRB, bien au courant de cela, est en train de nous imposer un organigramme. De plus, il y a plusieurs anomalies dans la gestion de l’établissement », déclare au Mauricien son président Navindeo Gobin.
L’exercice de transfert des employés de l’ex-IVTB et du Technical School Management Trust Fund a débuté il y a trois ans et, depuis rien n’a été finalisé. Le personnel, qui se dit dans le flou, attend le nouvel organigramme.
Or, le rapport 2013 du Pay Research Bureau vient créer une confusion totale, selon la MITD Training Officers and Instructors Union (MITD TOIU) qui est en négociation officielle depuis juillet 2011 avec la direction s’agissant de l’organigramme. Le président du syndicat Navindeo Gobin déplore que le rapport fasse état de plusieurs nouveaux postes alors que la nouvelle structure pour le MITD n’existe pas encore.
« Comment le rapport du PRB peut venir nous imposer un organigramme ? Est-ce une structure préparée en catimini par la direction sans nous consulter ? » se demande Durga Parsad Mohit, secrétaire de l’Union of Staff of MITD. Il condamne par la même occasion l’institut qui fonctionne sans direction alors qu’il y a plusieurs problèmes importants à régler. À Navindeo Gobin d’ajouter que « le rapport du PRB est injuste envers ceux au bas de l’échelle ».
« Si le PRB avait déjà un agenda, alors pourquoi prendre la peine d’écouter les syndicats ? On nous a pris pour des bouffons. Le bureau aurait pu faire le rapport seul sans consultation », lance le président de la MITD TOIU. « Nous rejetons ce rapport car il n’y a eu aucun consensus ; et plusieurs postes inutiles ont vu le jour pour l’administration alors que des postes importants, qui auraient dû être créés, n’existent pas. On semble oublier que le rôle principal du MITD est la formation. »
Au moment où les négociations sur l’exercice de transfert avaient lieu, le MITD rencontrait des difficultés avec notamment la grève des élèves du Lycée Polytechnique. Les syndicats étaient d’ailleurs montés au créneau pour contester cet exercice et le ministre de l’Éducation avait proposé une période moratoire d’un an pour permettre aux employés de réfléchir aux options proposées.
M. Gobin a souligné que cette période d’un an qui aurait dû arriver à échéance en juillet de cette année a été étendue jusqu’à décembre et ce, sans consultation. Or, alors que le syndicat a fait une demande récemment pour un autre délai de trois mois, le ministère leur aurait fait comprendre qu’il faudrait des consultations pour arriver à cette décision. Le secrétaire du syndicat, Chandraduth Conjoobeeharry, déplore aussi que les employés du MITD bénéficient de traitements différents. « Il n’y a aucune uniformité en ce qui concerne les heures et conditions de travail », dit-il.
La MITD TOIU réclame par ailleurs l’institution d’une commission d’enquête pour se pencher sur les récents recrutements et la gestion de l’institut. « Il y a des magouilles au sein de cette institution. Des personnes qui y travaillent depuis plus de dix ans sont toujours sur contrat alors que ceux qui viennent d’être embauchés ont déjà été confirmés à leur poste », avance M. Gobin. Il évoque par ailleurs plusieurs cas de certaines personnes qui ont été embauchées alors qu’elles n’avaient pas les qualifications requises. Plusieurs employés, poursuit-il, seraient aussi victimes de menaces et d’intimidation de la part de certains supérieurs.
« Le Pr Torul travaille depuis longtemps sur ces problèmes et aurait dû soumettre un rapport depuis longtemps. Or, nous avons appris qu’un draft a été envoyé au bureau du ministre de l’Éducation. Est-ce que le ministre doit corriger le rapport d’abord ? » s’interroge le président de la MITD TOIU. Le syndicat se montre aussi très critique envers certains syndicats fraîchement formés qui, soutient-il, se composent de personnes qui font objet d’enquêtes policières. « Comment ces personnes peuvent-elles parler au nom du MITD alors qu’elles sont en train de défendre leurs propres intérêts », soutient M. Gobin. La MITD TOIU et l’Union of Staff of MITD n’écartent pas la possibilité de manifester si leurs demandes ne sont pas prises en compte.