La situation sur nos routes est malsaine et il est impératif d’y mettre  bon ordre. Cependant, ce ne sont pas les mesures préconisées par le comité interministériel, présidé par le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval, et approuvé par le Conseil des ministres le 26 février dernier, qui amélioreront la situation. Au contraire, disent les propriétaires de taxis d’hôtels. D’où leur lettre cette semaine, à travers la Federation of Hotels Taxi Association (FHTA), au comité interministériel, pour exprimer leurs griefs relatifs à ses recommandations et réclamer une rencontre dans le plus bref délai en vue de se pencher à nouveau sur le sort des taximen d’hôtels. Les membres de la FHTA devraient par ailleurs se réunir en assemblée générale, le 22 mars, pour décider, si aucun changement n’est apporté d’ici là, de la marche à suivre.
Dans leur courrier envoyé au vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, les membres de la FHTA font ressortir leur incompréhension et leur scepticisme face à la réintroduction du taximètre. Pour les chauffeurs de taxi, il a été démontré que cette mesure révoquée il y a dix ans environ n’est pas utile. «Surtout que les clients avant de prendre un taxi, qu’il s’agisse de touristes ou de Mauriciens, souhaitent d’abord connaître le coût du trajet », expliquent-ils. Selon eux, actuellement, les tarifs sont affichés dans les véhicules selon les recommandations de la National Transport Authority (NTA). «Si nous avons déjà les prix affichés dans nos voitures, comme le préconise la NTA, à quoi servira le taximètre ?», se demandent-ils.
La FTHA dit également ne pas comprendre la logique de la mise sur pied d’un Taxi Desk dans les hôtels de plus de 100 chambres. La fédération s’interroge sur le ratio sur lequel s’est basé le comité interministériel pour recommander cette mesure. « Et qu’en est-il des hôtels de moins de 100 chambres? », demandent les membres de la FTHA, citant en exemple un hôtel qui aurait 90 chambres. Si les taximen d’hôtels sont d’accord pour une formation, ils déplorent que c’est la Tourism Authority (TA) qui a été choisie pour dispenser les formations aux chauffeurs. « Que représente la TA, quel est son véritable rôle. Pourquoi est-ce à elle de donner des cours ? Qui seront les formateurs ? », se demandent-ils, et de taxer cette recommandation du comité interministériel de «ridicule ».
Nombreuses appréhensions
S’agissant de la volonté affichée des autorités de régulariser les contract cars, les chauffeurs de taxi d’hôtels se disent totalement contre. « Ça veut dire que rien ne change dans notre secteur et que la situation malsaine, où des contract cars qui travaillent et des taximen qui restent assis, ne changera pas », disent-ils.
Face à ces nombreuses appréhensions dans leur secteur, ils ont sollicité une nouvelle rencontre avec le comité interministériel. Ils espèrent discuter des recommandations et faire approuver leurs suggestions. Dans le cas échéant, ils voteront de la marche à suivre lors de l’assemblée générale prévue le 22 mars à la municipalité de Quatre-Bornes. En début de la semaine dernière, les membres de la FHTA ont rencontré le leader de l’opposition qui a pris note des difficultés encourues par eux. Paul Bérenger, qui a également pris connaissance des suggestions de la FHTA, a laissé entendre qu’il étudie la situation de près et agira en conséquence.