Roots Revolution lance son deuxième album, intitulé Mwa Twa Li. Les artistes faisant partie de ce collectif ont choisi de livrer un opus qui privilégie un retour aux sources du reggae. Rencontre.
Pour découvrir ou plutôt redécouvrir ce collectif comprenant 13 personnes, rendez-vous est pris à Glen Park, Vacoas. Alors que le ciel est grisâtre et le froid persistant, un rayon de lumière semble planer au-dessus du petit groupe, réuni dans un mini-studio aménagé dans une petite cabane en tôle et en bois. Assis à même le sol, les membres du collectif apprécient leurs propres compositions sur l’album Mwa Twa li.
“Mwa Twa Li, c’est nous. C’est un appel pour que chaque Mauricien vive en harmonie avec son prochain, qu’importe ses croyances et sa culture”, dit Jean-Marie Li Yaw Hay, percussionniste du groupe. “Nous avons conçu cet album pour rapprocher les cultures mais nous devrions être capables de nous rapprocher dans la vie de tous les jours également. À notre avis c’est l’influence politique qui nous amène à vivre en désaccord comme cela”, poursuit Jocelyn Claude, du groupe Rasynn, qui évolue également au sein de Roots Revolution et qui s’est occupé de l’arrangement musical.
Amour.
“Nous avons conçu cet album avec amour. Chacun des membres du collectif a apporté sa contribution”, confie Jean-Marie. Les membres du collectif disent avoir soigné les textes. L’amour du prochain et le respect pour les autres sont évoqués dans le premier morceau, qui nous transporte vers un reggae fusionnel entre la Jamaïque et le continent noir. Dans une autre chanson, un hommage est rendu à Kaya, alors que Kiltir Chagos aborde le sort des Chagossiens.
Les artistes ont dû affronter pas mal de difficultés pour arriver à lancer cet opus sur le marché. “Baton dan larou, tax anpes nou fer bann zafer”, souligne Jocelyn Claude. À tel point que le groupe a décidé de financer l’opus par ses propres moyens. “Nous tenons à remercier notre ami Franco Prosper qui a investi son argent dans le projet et qui nous a permis d’aller jusqu’au bout. Sans lui, il est fort probable que nous n’aurions pas pu lancer cet album”, souligne Jean-Marie Li Yaw Hay.
Piratage.
Roots Revolution en profite pour soulever le problème du piratage qui persiste à Maurice. “Kan ou tann enn pirat dir ki li pou kontign pirate mem si lapolis trape, ou konpran ki problem-la li grav net. Bann pirat le touy artis tigit tigit. Fode pa nou panse ki artis ena milion. Nou bizin viv.” Un appel au respect des artistes est d’ailleurs lancé dans le morceau Keep Mind Cool.
Soulignons que beaucoup d’artistes ont contribué à la conception de cet opus, notamment Jenny Rico et Joas Joseph du groupe Small Axe, Didier Baniaux du groupe Fighting Babylon, Noël Jean du groupe Tribute to Ernest et Jean-Marc Constance du groupe Fight Again. L’enregistrement a été effectué au studio Capricorne.
L’album sort officiellement au courant de cette semaine et Roots Revolution pense déjà à sa promotion. Le groupe compte organiser un concert d’ici la fin de l’année si son budget le lui permet. Le tournage d’un clip est prévu prochainement.