Issue d’une famille typiquement mauricienne, d’un père très métissé et d’une mère d’origine créole, je suis, dès mon plus jeune âge, très vite plongée dans un univers fascinant: l’univers des sino-mauriciens et des chinois de Chine.
Je suis presque tentée de citer Obélix, qui comme moi, était tombé dans la marmite……lui de potion magique moi dans celle du mandarin des langues orientales ! Et ce, à l’âge de six ans.
30 ans plus tard, je me souviens encore de la directive pour nous rendre en classe de langues orientales: Hindi, Urdu,Tamil, Telegu, Marathi ou Mandarin…
Dès que la maîtresse l’entonnait, on rangeait nos affaires afin de nous rendre dans nos classes respectives! …Ainsi démarra pour moi l’incroyable aventure de mon apprentissage du Mandarin.
Aujourd’hui, je vis avec ma famille à des milliers de kilomètres de mon île natale et je suis toujours plongée dans ce monde toujours aussi palpitant pour moi : le Mandarin. A la différence que cette fois, c’est moi qui attend les élèves en classe pour me saluer d’un résonant  « lao Shi hao! ».
Je n’ai pas moins d’une soixantaine d’élèves,  toutes nationalités confondues, qui se passionnent pour la culture de l’Empire du Milieu et apprennent le Mandarin.
Je garde des souvenirs magiques de cette enfance bercée par une culture millénaire et plus particulièrement …du Nouvel An Chinois :
   Entre le branle-bas de combat des courses « en ville »  à Port-Louis, à la recherche des produits chinois les plus fins aux préparatifs du « traditionnel service aux ancêtres » ou culte aux ancêtres, suivi du dîner réunissant toute la famille au son retentissant des pétards porte-bonheur, les souvenirs et la réalité sont étroitement mêlés. Rien n’a vraiment changé sauf que je ne suis plus dans la même partie du monde !
   La joie de recevoir les foong pao et l’incontournable danse du lion après la messe chinoise du Nouvel An… que d’années ont passé, que de bonheur, que de souvenirs mais toujours cette grande joie d’organiser à cette époque de l’année… la plus grande fête du calendrier chinois !
J’ai toujours eu un soutien indéfectible de la part d’Yves Tan Yan, mon visionnaire de père, qui m’encouragea ardemment à persévérer dans la maîtrise du mandarin. Malgré mes efforts pour apprendre cette langue que personne ne pratique dans ma famille proche, j’ai contre toute attente obtenu une bourse d’études pour la Beijing Language and Culture University en 1996. Mon mentor et protecteur de père n’était plus de ce monde pour partager la joie de cette réussite avec moi.  
Malgré un contexte familial très compliqué à ce moment de ma vie, alors même que j’avais rencontré l’amour de ma vie qui est aujourd’hui le père de mes deux enfants, j’ai décidé de relever le défi et de m’envoler pour la Chine.
Ce voyage formateur m’a permis de voir de mes propres yeux des merveilles dont j’avais découvert l’existence dans « L’aurore » un magazine sino-mauricien ou encore « China in construction » magazine chinois en anglais auquel mon père m’avait abonnée.
 La découverte de ces endroits fascinants tels la grande muraille et les soldats en terre cuite de Xian ont quelque peu attenué la séparation d’avec ma famille et ma tendre moitié.
Ces années d’université à Pékin m’ont cependant permis de comprendre de l’intérieur toute la profondeur et l’importance des rituels dans la culture chinoise. D’autre part, la rencontre  avec les diverses diasporas Fu-Kien, Hakka et Cantonaise vont me passionner et me rapprocher plus que jamais de mes racines chinoises.
Alors que les années passent et que les traditions se perpétuent je ne peux m’empêcher de penser à mes gurus et mentors notamment feu Robert Liong Voon, Mme Ah vane, Mme J.Koon Kam King, Mme S. Foo Ah Piang, Ms Jennifer Li.
A travers leur inlassable dévouement, avec une implacable rigueur et une infinie patience, mon niveau de mandarin n’a fait que progresser. A tel point qu’aujourd’hui enseignante au cycle secondaire à Dubaï, c’est moi qui transmet mon amour de cette langue et de cette culture à des élèves venus du monde entier.  
Je voudrais profiter de l’occasion pour souhaiter à tous mes proches, amis et compatriotes  
 « Gong Xi Fa Cai ».  
Que l’année de la chèvre, nous comble de Prospérité, de Bonheur et de Stabilité !