Les « Specimen Papers » pour les examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC) ont été distribués aux écoles la semaine dernière. Le modèle démontre que cet examen ressemble beaucoup au CPE. Sauf que la présentation des questions a été allégée avec des visuels pour amener les enfants à une meilleure compréhension. Toutefois, les enseignants qui ont travaillé sur le papier notent que pour des matières comme les sciences, certaines questions sont assez vagues. De même, si les questionnaires suscitent plus les enfants à réfléchir qu’à apprendre par coeur, parents et éducateurs déplorent le fait que les enfants n’ont pas été habitués à travailler ainsi.
Le PSAC sera un examen abordable. C’est ce que s’accordent à dire les enseignants après avoir pris connaissance des « Specimen Papers » la semaine dernière. Certaines écoles ont pu ainsi préparer des questionnaires similaires pour l’évaluation du premier trimestre, tandis que d’autres avaient déjà préparé leurs questionnaires. Ces modèles, qui étaient attendus depuis le début du trimestre, ont en effet été distribués sur le tard.
Les questionnaires de langues – anglais et français – comprennent des parties de grammaire, de compréhension et une rédaction. Les épreuves débutent avec un exercice où l’on demande aux candidats de relier chaque image à une phrase. « C’est un exercice “child friendly” qui aide à mettre l’enfant en confiance », dit une enseignante. Les autres exercices consistent à accorder des verbes, à faire des phrases ou à mettre des phrases dans l’ordre. Le papier de français comprend un nouvel exercice : le texte à corriger. Ceux qui ont pris les concours de l’Alliance française sont déjà familiarisés avec ce type d’épreuve. Le modèle présenté pour le PSAC est basique, avec un petit texte de six lignes. Un exercice similaire est proposé pour le papier d’anglais.
Un autre exercice invite le candidat à trouver un mot à partir d’une phrase donnée. Par exemple, pour la phrase « On le porte sur la tête pour se protéger du soleil », la réponse à donner est « chapeau ». La première lettre est d’ailleurs déjà donnée sur le questionnaire.
Le grand changement dans les papiers de langue concerne la rédaction. Alors que pour le CPE l’épreuve était basée sur 20 points, pour le PSAC, elle a été ramenée à 10 points. La rédaction devra comprendre 120 mots pour l’anglais et autour de 100 mots pour le français. Les enseignants sont partagés sur cette nouvelle formule. « Pour les enfants qui ont des difficultés d’écriture, c’est une bonne chose, car ils perdront moins de points. En revanche, cela n’encourage pas les enfants à écrire. Il y a des enfants qui sont doués et qui font la différence dans cette épreuve. Là, ils sont limités. »
Le questionnaire de math ressemble presque à celui du CPE. Sauf que pour ce dernier, il y avait deux sections. La section B était réputée pour des questions plus complexes, qui permettaient de départager les enfants. Le PSAC propose un questionnaire de 14 pages avec 55 items. Pour les enseignants, « c’est toujours aussi “bulky” ». Par ailleurs, même s’il n’y a pas de section B, comme c’était le cas pour le CPE, les derniers numéros du questionnaire sont plus complexes.
En revanche, le côté positif du questionnaire de math est qu’il comprend beaucoup de visuels. Certains exercices sont en effets accompagnés d’images pour aider les enfants à mieux comprendre. Le papier comprend également une série de questions à choix multiples. Pas de grands changements non plus dans le questionnaire d’histoire-géographie. Les épreuves débutent avec deux séries de questions à choix multiples. Par contre, les deux dernières questions nécessitent des réponses élaborées. Chaque partie rapporte deux points. Alors que certaines réponses relèvent de leçons apprises, d’autres sont liées aux observations à partir d’une image.
Le questionnaire qui suscite des craintes est celui de sciences. De manière générale, la majorité des questions sont abordables. Comme pour les autres épreuves, il y a une série de questions à choix multiples. D’autres questions invitent plus les candidats à se servir de leur logique. Par exemple, dans la série de questions sur la pollution de l’air, un exercice montre l’image de deux personnes en Chine, portant un masque. La question est : « Suggest the source of air pollution in Diagram 6. » La réponse attendue est « air/smoke/polluted air from exhausted pipes of vehicles ou polluted air from chimneys of factories/from factories ».
Pour les enseignants, ce type de question est trop vaste. « Certains enfants peuvent se sentir perdus avec ce genre de question. Surtout qu’il faut donner des réponses élaborées. On sait que certains enfants ont des difficultés à s’exprimer en anglais. » De même, ils font ressortir que les enfants ont été plus habitués à donner une réponse apprise par coeur et que cela demandera du temps pour changer les habitudes. « Cela viendra sans doute pour les autres groupes. Mais pour le premier groupe qui passera le PSAC, le changement est un peu brusque », disent les enseignants.
Lors des ateliers de validation du questionnaire, le président de la GTU, Vinod Seegum, avait, lui, suggéré que pour ce genre de questions, même si l’enfant répond en français ou en kreol, il faut lui accorder les points. Car l’essentiel est qu’il ait compris la leçon. Le “mark scheme” ne donne toutefois aucune indication à l’effet de savoir si une telle proposition pourrait être considérée.
Les enseignants seront de nouveau appelés à participer à des ateliers sur le PSAC pendant les vacances. Toutes ces questions pourront être soulevées. La GTU avait également suggéré des « mock exams » dans le courant du deuxième trimestre afin de voir comment les enfants réagissent au nouveau questionnaire. Mais pour l’heure, il n’y a aucune réponse à cette suggestion.
Rappelons que les examens du PSAC se tiendront du 24 au 27 octobre. Auparavant, les candidats passeront le « modular assessment » pour l’histoire-géographie et sciences les 29 et 30 août. Les élèves de Grade 5 qui prendront part au PSAC l’année prochaine passeront eux la première partie de leur « modular assessment » à la fin du troisième trimestre. Les résultats seront conservés et ajoutés à celui de l’année prochaine.