Le manque de places ressenti depuis plusieurs  jours à l’hôpital Jeetoo a contraint les responsables de l’établissement à rouvrir des « wards » situés dans un bâtiment commercial à quelques mètres de là. Ces salles sont sommairement aménagées car, à l’origine, celles-ci devaient principalement accueillir les convalescents. Ces jours-ci, elles sont utilisées de manière quasi-permanente, donnant lieu à une situation qui entraîne de nombreux inconvénients.
Il y a deux ans, en raison des transferts nécessaires de plusieurs services du fait des travaux de construction du nouvel hôpital, le ministère de la Santé avait décidé de louer un bâtiment à proximité de l’hôpital pour installer temporairement les dortoirs des médecins et les « medical ward » pour hommes et femmes. Le ministère a porté son choix sur un bâtiment de plusieurs étages abritant une succursale d’une banque commerciale au rez-de-chaussée. Le gouvernement, pour sa part, loue la totalité des niveaux supérieurs.
Selon les dires des infirmiers, la direction de l’hôpital avait alors établi un protocole selon lequel les malades, en phase de convalescence uniquement, devraient être admis dans ces locaux à l’extérieur de l’établissement étant donné qu’ils ne sont pas équipés pour traiter les cas compliqués. Mais à la fin de l’année dernière, le nouvel hôpital était déjà sorti de terre, fin prêt à accueillir des malades. La direction avait donc décidé de fermer ces « wards », qui se trouvent de l’autre côté de la rue, et de ne les utiliser que dans des cas bien spécifiques, qui plus est pour une durée très courte.  
Or, le personnel soignant a constaté  avec étonnement depuis quelques jours que ces salles « temporaires »   ont été rouvertes de manière continue. « Se ki ti adhoc inn vinn permanan », lâchent avec agacement des charges nurses. Actuellement, le nombre de lits dans les nouvelles ailes de l’hôpital est inférieur à la capacité d’accueil de l’ancien bâtiment, donnant lieu à un manque cruel de lits pour l’hospitalisation des malades. D’où la réouverture de ces « wards » en face de l’hôpital. « Ce ne sont pas les malades en convalescence qui sont dirigés actuellement vers ces ailes externes. Zot pe amen bann malad ki dokter dir bizin admet », lance un Health Care Assistant.
Mais cette solution n’est pas sans inconvénient. On constate ainsi des va-et-vient incessants du personnel soignant et du personnel de soutien à toute heure de la journée et de la nuit entre les deux bâtiments. « Si ena enn irzans lot kot perdi letan dan travers simin », disent des infirmiers. Il est impératif aussi d’avoir un service de transport qui soit disponible à n’importe quel moment pour les déplacements des malades, mais aussi pour aller déposer la nourriture des malades et autres équipements de nature sensible et délicate relatifs aux traitement des patients.
Des infirmiers affirment que la mise en service des ailes situées en face de l’hôpital a une répercussion sur le personnel en raison d’un manque d’effectif. « C’est le matin que les responsables décident qui doit aller travailler dans ces wards. Cela provoque l’agacement parce qu’on a déjà pris notre service dans un département et on nous demande d’aller ailleurs », explique encore un infirmier.
Des responsables de l’hôpital soutiennent pour leur part que la réouverture de ces « wards » externes sera de courte durée, en attendant l’ouverture d’une psychiatric ward et d’une cardiac ward. « Il y a une pression sur les medical wards parce qu’elles admettent aussi les patients devant être hospitalisés dans la salle destinée aux malades cardiaques ou dans l’aile psychiatrique. Le problème sera réglé très bientôt », affirme un responsable.
Les nouvelles infrastructures de l’hôpital Jeetoo ne sont par ailleurs pas épargnées, de nouveaux actes de vandalisme relevant carrément de l’incivisme et d’un manque de respect des biens publics.