Le 31 décembre, dernier jour de l’année du calendrier grégorien, sera marqué par des pétarades et explosions de couleurs dans le ciel. Pendant que certains s’échangeront les voeux, d’autres seront fidèles à leur poste pour assurer le service minimum… loin de leur famille. Tour d’horizon des secteurs où nombre d’employés seront mis à rude épreuve. Le temps du réveillon du Nouvel an.
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GOVERNMENT FIRE SERVICES: 130 pompiers « on duty » ce soir
Les pompiers de la Government Fire Services (GFS) devront redoubler de vigilance pour le réveillon du Nouvel an. Répartis à travers le pays, quelque 130 soldats du feu seront de service jusqu’à demain matin 7 heures.
Rien qu’à la caserne de Port-Louis, 20 pompiers seront mobilisés pour parer à toute éventualité. « Il y a déjà un plan de mobilisation qui a été mis en place par le Chief Fire Officer. Nous nous attendons à une nuit mouvementée car il y aura beaucoup de feux d’artifice et pétarades qui occasionneront surtout des feux d’herbe », explique Dorsamy Ayacouty, Divisional Fire Officer de la GFS.
Trois unités seront de garde dans la capitale. Tout porte à croire que la soirée des soldats du feu sera très agitée si l’on prend en ligne de compte les chiffres disponibles ces dernières années. Quelque 31 interventions ont été enregistrées le 31 décembre 2009 et 67 en 2010.
Si les pompiers de la caserne de Port-Louis seront en alerte cette nuit, le Divisional Fire Officer Dorsamy Ayacouty suivra, lui, les opérations depuis son domicile et interviendra en cas d’incendie. « Même si je serai chez moi, ce ne sera pas un 31 normal. Je serai en alerte. Je me souviens toujours lorsque je n’étais pas encore marié, j’étais de garde le soir du 31. C’était en 1982 / 83. Auparavant, il n’y avait pas de téléphone portable pour souhaiter à nos proches une bonne année. Mais maintenant, les pompiers ont les outils nécessaires à leur portée… » explique Dorsamy Ayacouty.
Un dîner sera offert aux pompiers de toutes les casernes. La consommation d’alcool est cependant  interdite. Sur le coup de minuit, il est peu probable que les soldats du feu soient sur leur lieu de travail… À cette « heure de pointe », ils évolueront sur le terrain.  
Pompier depuis sept ans, Bhogun Kumar (28 ans) fait partie de ceux qui travaillent ce soir. Ce sera sa troisième année « on duty » un 31 décembre. « Je ne m’en fais pas vraiment. Je me suis déjà préparé moralement. Plusieurs Mauriciens s’amuseront au cours de cette soirée festive… Nous nous devons d’être là pour assurer leur sécurité et aider ceux en détresse », soutient-il. Le jeune pompier prévoit par ailleurs une soirée amicale entre collègues afin de se remémorer les événements qui les ont marqués en 2011.
Pour d’autres, travailler le jour du réveillon devient pratiquement une routine. Madhun Jadooa (61 ans) compte environ 35 ans de carrière. Ce pompier a empilé les soirées de réveillon dans les casernes. « Cela fait 12 à 15 ans que je suis on duty le soir du 31. Pour le métier que je fais, c’est tout à fait normal. Il est vrai que quand les pétards éclateront, j’aurais un pincement au coeur en pensant à ma famille. Il est vrai que nous, les pompiers, nous aurions aimé être avec nos proches », explique-t-il.
Faute de pétards, les soldats du feu de la station de Port-Louis feront hurler les sirènes de leurs camions sur le coup de minuit.
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AGENTS DE SÉCURITÉ: Suresh Ghyaram, « Une soirée normale
comme tant d’autres »

Travaillant dans des bâtiments ou encore des aires de stationnement, les agents de sécurité seront très sollicités ce soir. Certains auront ainsi les yeux rivés sur leurs moniteurs retransmettant les images des caméras de surveillance.
Dans divers coins du pays, ces préposés à la sécurité seront appelés à passer le réveillon en solo, comme c’est le cas pour Suresh Ghyaram (57 ans). Ce responsable de la surveillance d’un bâtiment de la rue St-Georges à Port-Louis, qui a travaillé pendant ces dernières années pour d’autres compagnies, travaillera pour la première fois un soir de 31 décembre. Cependant, cette situation ne semble guère le perturber. « Ce sera une soirée où je travaillerais normalement comme tant d’autres », soutient l’agent de sécurité.  
Suresh Ghyaram concédera toutefois qu’il aurait préféré être avec sa famille. « Mais je dois travailler. C’est le cas pour d’autres services essentiels comme les pompiers, le personnel hospitalier et la police. »
S’il n’avait pas à travailler en ce 31 décembre, explique Suresh Ghyaram, il aurait passé une soirée tranquille en famille. Il compte ainsi appeler ses proches, surtout sa fille, à minuit pour leur souhaiter une bonne année 2012.
Outre les agents de sécurité dans les bâtiments et autres, il ne faut pas oublier ceux qui seront présents dans les boîtes de nuit. Et pour eux, la nuit risque d’être vraiment longue…
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SANTÉ: Les urgences se parent à toute intervention
Il en a connu des Noëls et des 31 décembre à l’hôpital avec plus d’une quarantaine d’années de service dans le domaine de la santé publique. Ce pharmacien confie au Mauricien que travailler dans ce secteur est une « vocation ». Le sexagénaire affirme avoir été de service à plusieurs reprises pour les fêtes du nouvel an alors que d’autres étaient en famille. « Cela ne m’affecte en rien car les malades sont une priorité. Quand on a accepté de faire ce travail, il faut assumer. C’est notre devoir », soutient-il. Et d’ajouter qu’avec la famille, « on peut toujours s’arranger ».
Le pharmacien d’un établissement du Sud nous confie que l’atmosphère à l’hôpital le 31 décembre est plutôt calme. Il y a uniquement quelques cas d’urgence. Après minuit, le personnel hospitalier en service se rencontre pour souhaiter la bonne année. Le sexagénaire soutient toutefois que l’équipe n’a pas vraiment le temps de faire la fête, car elle doit rester sobre et prête à intervenir. « Le service doit être opérationnel 24 / 24h. »
Selon le pharmacien, chaque année, il voit arriver les mêmes cas à soigner. « La gastro, les allergies, les intoxications alimentaires, les brûlures à cause des pétards et les problèmes respiratoires à cause de la fumée sont les principaux cas à la fin de l’année. Les gens mangent et boivent souvent trop », explique-t-il. L’employé de la Santé ajoute que les accidents de la route sont beaucoup plus fréquents à cette période. En cause : l’excès d’alcool. Il recommande donc aux Mauriciens de faire attention.
Marie-Ange, qui travaille dans un établissement hospitalier privé, nous confie quant à elle que ce sera son premier 31 décembre au travail. Même si cela lui fait un « petit pincement au coeur », elle souligne aussi qu’il faut avoir une vocation pour exercer un métier dans ce secteur.
« Je suis infirmière depuis trois ans et c’est la première fois que je travaille ce jour-là. Il faut consentir à des sacrifices pour le bien des malades et c’est notre travail de le faire tous les jours », soutient Marie-Ange. Cette jeune femme de 28 ans explique qu’il y a moins de patients à cette époque car ils veulent être avec leurs familles. « Ce n’est toutefois pas une raison pour se laisser aller. Une urgence peut arriver à tout moment et nous devons pouvoir accueillir des patients n’importe quand », ajoute-t-elle. Mariée depuis sept mois, l’infirmière raconte qu’elle aurait bien voulu être avec son époux à minuit. « J’ai de la chance d’avoir un mari qui comprend. Le travail, c’est le travail. »
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FORCE POLICIÈRE: Redoubler de vigilance pour cette soirée agitée
Réveillon ou pas, nos amis de la police travaillent. Discutant avec certains membres de la force policière, ils nous confient que le 31 décembre en compagnie de leurs collègues n’est pas aussi pénible qu’on pourrait le croire. « Il y a toujours une bonne ambiance au poste », affirme un constable. Un autre lance avec ironie : « La police sera en congé quand les criminels le seront. »
Un haut gradé de la police soutient qu’il faut absolument redoubler de vigilance en cette période. Selon lui, les malfrats vont en profiter pour visiter les maisons désertées, car plusieurs familles fêteront le réveillon dans un campement au bord de la plage, abandonnant leur maison sans surveillance. « Nous sommes souvent occupés avec les préparatifs et les criminels savent que c’est le moment d’agir. Donc la prudence est de rigueur », soutient ce policier engagé depuis une trentaine d’années maintenant.
Par ailleurs, les accidents de la route ne manquent pas en fin d’année. La consommation d’alcool et d’autres substances sont souvent à l’origine des drames. La police a d’ailleurs déjà signalé son intention de sévir à tout manquement à la loi. « Trop de morts et de blessés sur nos routes. Il est de notre devoir de veiller à la sécurité du public », soutient-il. Plusieurs policiers seront déployés sur les routes et des night patrols sont prévues.
Ceux qui travaillent dans les endroits stratégiques, comme le port et l’aéroport, disent savoir que la vigilance est de mise. « On ne sait pas quand un délit sera commis », soutient un policier à la retraite, qui a longtemps travaillé à l’aéroport de Plaisance. « Kan ou dan la polis ou pa lapolis zis pendan ou servis. Ou lapolis ziska ou pran retraite ek mem apre », dit-il, en soulignant que c’est un jour comme les autres. Il est d’avis que c’est le moment où les malfaiteurs « gayn bonis fin dane ».
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EMPLOYÉS D’HÔTEL: Assurer un 31 décembre festif aux convives !
Malgré la conjoncture économique actuelle (appréciation de la roupie et dépréciation de l’Euro), le secteur touristique fait bonne figure en cette fin d’année. À Villas Caroline (Eden Viaggi) à Flic-en-Flac, l’hôtel affichait complet. Si les employés affirment travailler à un rythme soutenu en cette période, ils admettent que de voir les clients satisfaits les rendent heureux.
Prakash Choytun, Restaurant Manager de Villas Caroline, travaille dans le secteur hôtelier depuis plus de 25 ans. « Le jour du réveillon est toujours marqué par des soirées très spéciales. Les décorations changent et les festivités commencent dès 19 heures », soutient-il. « Depuis que l’hôtel existe, nous organisons des fêtes de fin d’année avec les résidents et les Mauriciens. Nous sommes habitués à travailler le jour du réveillon », explique-t-il. Le feu d’artifice sur la plage est très apprécié par des clients, mais aussi des habitants de Flic-en-Flac. « Nous travaillons beaucoup et notre seule joie est de voir nos clients heureux et satisfaits. »
Prakash Choytun soutient que l’animation dure jusqu’à 4 heures du matin et que c’est après la soirée que les employés ont le temps de se réunir pour faire la fête à leur tour. « Nous devons rester sobres toute la nuit pour offrir le meilleur service possible à nos clients », dit-il. Le Restaurant Manager confie toutefois que le mauvais temps est l’ennemi de ce type d’événement. Il rassure toutefois que les mesures nécessaires ont été prises cette année. « On a prévu des marquises au cas où le temps se gâterait. »
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PRISONS: Des « shift » taillés sur mesure pour les gardes-chiourmes
Les matons passeront la nuit du 31 dans les pénitenciers de l’île, leurs services étant indispensables. Hanumunthadu Vishnu, Assistant au Commissaire des Prisons et responsable de la prison centrale de Beau-Bassin, confie que les détenus pourront écouter la radio jusqu’à fort tard. Et les 1er et 2 janvier, ils auront droit à un déjeuner spécial, confie le responsable de la prison centrale, qui compte 28 années de service. Ainsi, dans le but de permettre aux Prison Officers de passer une partie de la nuit avec leurs proches, deux shift de six heures sont proposés cette année. Le premier débute à 19 heures pour se terminer à 1 heure du matin ; et l’autre de 1 heure à 7 heures. Il y aura toutefois un effectif important la nuit du 31. Le Prison Officer Edoo Mohammud Siddique (55 ans) explique que ses collègues se rencontreront au Mess Room en début de soirée pour un « get-together ».