Paul Bérenger, leader du MMM, se félicite de la décision annoncée vendredi du vice-Premier ministre et ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun, de démissionner. S’il salue tous ceux qui, comme le cardinal Maurice Piat, ont « courageusement » pris position dans cette nouvelle affaire Soodhun qui a surgi en début de semaine, le chef de file des mauves dénonce avec mépris les « quelques lâches » qui ont voulu justifier les propos incendiaires du fort controversé vice-Premier ministre démissionnaire.
Paul Bérenger soutient que l’Assemblée nationale avait fini par être dévaluée et le pays traîné dans la honte par des déclarations, selon lui, controversables d’un certain nombre d’élus et de la Speaker, ainsi que par leur comportement inapproprié ces derniers temps. Pour lui, la dernière affaire Soodhun mise au jour en début de semaine se révèle être d’un cran au-dessus car elle menaçait « dangereusement » l’unité nationale. C’est pourquoi, explique le leader des mauves, dès mercredi, le MMM condamnait « sévèrement » les propos fort controversables du vice-Premier ministre et ministre des Terres et du Logement et réclamait sa démission immédiate.
Paul Bérenger rappelle avoir parlé du ministre comme étant « un danger public ». Dans la mesure où, dit-il, dès le départ, tout le pays était au courant des propos incendiaires du tant controversé vice-Premier ministre, pour lui, il était urgent que Showkutally Soodhun démissionne ou qu’il soit révoqué. « Il est heureux qu’il lui a été demandé de step down hier », déclare le leader du MMM. Ce dernier salue au passage tous ceux qui, dit-il, ont « courageusement » pris position dans cette affaire depuis mercredi. Paul Bérenger pense particulièrement au cardinal Maurice Piat.
Soodhun désormais hors jeu, le chef de file des mauves trouve que c’est dorénavant l’occasion pour les uns et les autres « de se ressaisir ». Il dit penser en premier au Premier ministre, Pravind Jugnauth, ainsi qu’à la Speaker, Maya Hanoomanjee. « La Speaker se doit de ne plus se comporter comme elle l’a fait jusqu’ici, alors qu’en tant que Premier ministre, Pravind Jugnauth est celui qui a le devoir de set the tone plutôt que de se permettre de faire toutes sortes de commentaires à l’Assemblée nationale. »
Quant au vice-Premier ministre et ministre du Logement démissionnaire, Paul Bérenger trouve qu’il s’est tout aussi disqualifié à être un député de l’Assemblée nationale. « Et il n’est pas le seul dans ce cas », estime le leader du MMM, qui cite à cet égard les noms des députés Ravi Rutnah (ML), Kalyan Tarolah et Raj Dayal (MSM), de même que Thierry Henry (PMSD).
« Message transmis à qui de droit »
S’il salue ceux qui ont  pris position contre les écarts de langage du vice-Premier ministre démissionnaire, Paul Bérenger dénonce avec mépris les « quelques lâches » qui, dit-il, « ont voulu s’employer à justifier coûte que coûte les propos de Soodhun ». « La population, dans son ensemble, saura cracher sur ceux-là dont il n’est même pas nécessaire de citer les noms », dit-il. Paul Bérenger se félicite en tout cas de l’heureuse conclusion de cette affaire, avec l’annonce, vendredi, de la démission du vice-Premier ministre Soodhun. 
Il indique à ce propos avoir transmis « à qui de droit et par personne interposée » le message qu’il était urgent qu’une décision soit prise avant que toute l’affaire ne fasse l’objet, mardi, d’une PNQ, « avec les dangers qui allaient y être associés ». D’autant que, dit-il, il est désormais connu qui est à l’origine de la fuite autour de ces propos fort controversables de Showkutally Soodhun concernant une communauté particulière. Paul Bérenger considère néanmoins comme étant une bonne chose que cette information a fuité. « La population était en droit de savoir ».
Pour lui, en effet, « seule la vermine » est capable de penser que des propos aussi répugnants à l’encontre d’une communauté tenus en petit comité par nul autre qu’un vice-Premier ministre se devaient de ne pas être ébruités. Pour Paul Bérenger, l’objectif derrière ce raisonnement est de tirer subtilement d’affaire Soodhun et faire porter le chapeau à ceux qui ont vendu la mèche. « Quel secret Soodhun doit-il bien détenir sur l’état-major du MSM pour que Pravind Jugnauth hésite autant avant de le sanctionner ? » s’était par ailleurs déjà demandé, mercredi soir à Ollier, Quatre-Bornes, le leader du MMM.
Intervenant à un premier congrès marquant le lancement de la campagne électorale officielle de son parti en marge de la partielle du 17 décembre, Paul Bérenger avait soutenu qu’après la révélation de ses derniers propos scandaleux à l’encontre d’une communauté, le très controversé vice-Premier ministre et ministre du Logement se devait de démissionner tant comme ministre que comme député.
Le chef de file des mauves a, d’autre part, expliqué que, comme il l’avait prévu, le MSM a choisi de se sauver « la queue entre les jambes » plutôt que d’aligner un candidat pour la partielle du 17 décembre à Belle-Rose/Quatre-Bornes. Il a soutenu qu’avec seulements sept députés à l’Assemblée nationale, le MMM continue de « faire trembler » le gouvernement dirigé par Pravind Jugnauth « en dépit de sa soi-disant majorité parlementaire écrasante ».
Le leader des mauves devait de nouveau affirmer que l’élection de remplacement au Numéro 18 se résumera en un match entre le MMM et le PTr. Mais pour lui, voter en faveur d’Arvin Boolell équivaudrait à « accorder un vote à Ramgoolam ». En effet, pour Paul Bérenger, la candidature d’Arvin Boolell ne sert qu’à « masquer le coffre-fort de Ramgoolam ». « Pensez-vous sincèrement que l’électorat a la mémoire courte et qu’il est disposé à voter pour le coffre-fort ? » s’est-il demandé.
« Plus les législatives tarderont, pire ce sera »
Ce congrès nocturne dans le quartier d’Ollier devait être une nouvelle occasion pour le leader du MMM de dire tout le bien qu’il pense de la candidate de son parti, Nita Juddoo, dont il a déclaré admirer « la maturité, la simplicité et l’humilité ». Commentant la situation dans le pays, il a trouvé que « tout fout le camp ». Pour lui, plus de nouvelles élections générales tarderont à être organisées, plus le pays continuera de « dégringoler » et de « s’enfoncer ».
Le chef de file des mauves ne devait pas manquer de souligner la responsabilité, selon lui, de l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans l’accession au pouvoir « par accident » du gouvernement Lepep. « La population, a-t-il ainsi expliqué, en avait marre de Ramgoolam au pouvoir ».  Paul Bérenger devait aussi vivement critiquer l’accession de Pravind Jugnauth au « primeministership » par le fait qu’il soit « simplement le fils de son père ». Un père, par ailleurs, indigne, selon le leader du MMM, du titre de « mentor » tant qu’il est « un grossier personnage ». « C’est dans la honte qu’il s’en ira », prédit-il à cet effet.
Pour le leader des mauves, après les récents épisodes Rutnah et Tarolah, c’était une nouvelle fois à l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Terres et du Logement Showkutally Soodhun de s’affirmer comme « un vrai danger public ». « Soodhun aurait dû avoir eu la décence de démissionner non seulement comme ministre mais aussi comme député », devait soutenir Paul Bérenger. Pour lui, après ce qui a été dévoilé en début de semaine, Showkutally Soodhun était devenu, plus que jamais, « un danger pour l’unité entre les communautés ».
Auparavant, la candidate Nita Juddoo a trouvé que la méfiance dont fait preuve une partie de l’électorat s’explique par le fait qu’elle sent qu’elle a été longtemps bernée par des hommes politiques. La candidate MMM devait, elle, assurer n’avoir aucune intention de faire de fausses promesses durant cette partielle. « Le réel changement devant apporter une différence de fond ne pourra intervenir que lors d’un changement de gouvernement aux prochaines élections générales », a-t-elle dit.